L'Assemblée garantit le droit à la cantine pour tous les enfants

Education Les communes ne pourront plus refuser l'accès à la cantine aux enfants dont les parents sont au chômage...

20 Minutes avec AFP

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Illustration d'une cantine à Paris.
Illustration d'une cantine à Paris. — POUZET/SIPA

Les députés ont adopté mercredi en première lecture une proposition de loi radicale de gauche qui garanti l'accès de tous les enfants à la cantine, lorsque celle-ci existe. A l'heure actuelle certaines communes sont tentées de ne la réserver qu'à ceux dont les parents travaillent.

«L'inscription à la cantine, lorsque ce service existe, est un droit pour tous les enfants scolarisés. Il ne peut être établi aucune discrimination selon leur situation ou celle de leur famille», précise le texte voté par tous les groupes de gauche.

Pour les radicaux de gauche, il ne faut pas «stigmatiser des familles déjà en difficulté»

Les refus d'accès concernent «des élèves dont l'un des parents au moins est au chômage. Ce qui revient à discriminer, voire à stigmatiser des familles déjà en difficulté», a expliqué le chef de file des radicaux de gauche Roger-Gérard Schwartzenberg.

La restauration scolaire ne fait pas partie des compétences obligatoires des communes. Mais quand celles-ci en ont décidé la création, il s'agit alors d'un service public annexe au service public d'enseignement, auquel s'applique le «principe d'égalité» selon la justice administrative. Pour compenser cet effort financier, le texte prévoit à ce stade une majoration éventuelle de la Dotation globale de fonctionnement (DGF).

«Pour certains enfants, le repas de la cantine est le seul repas équilibré de la journée», a renchéri Hervé Féron, député-maire socialiste de Tomblaine (Meurthe-et-Moselle).

L'exclusion d'enfants de chômeurs est aussi «une atteinte à l'activité des femmes», a souligné la communiste Marie-George Buffet, conseillère municipale au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis).

L'UMP Dominique Nachury, conseillère municipale de Lyon (Rhône), a critiqué un «texte d'affichage», contestant que la cantine soit «l'idéal absolu» pour «l'apprentissage de la qualité de l'alimentation» et «la sociabilisation», toutes les familles ne faisant pas «des repas chips».

1 élève sur 2 mange à la cantine

Environ, la moitié des élèves de l'école primaire fréquentent la cantine, qui existe dans 80 % des communes, selon la rapporteure du texte Gilda Hobert (PRG).

«400 millions de repas sont servis chaque année dans les écoles, facturés aux parents en moyenne de 2,5 à 3 euros», selon cette députée du Rhône et conseillère municipale de Lyon, qui évalue le coût «à près de 1,5 milliard d'euros» pour les communes.

La question ne se pose pas pour les collèges et les lycées, la mise en place d'un service de restauration scolaire étant obligatoire pour les départements et les régions.