La Cour des comptes dénonce les effets de la guerre des polices

SECURITE Police et gendarmerie travaillent trop souvent dans leur coin sans coopération…

Vincent Vantighem

— 

Le 26 février, à Lyon. Illustration de la police. 
ELSNER FABRICE/SIPA/1503021649
Le 26 février, à Lyon. Illustration de la police. ELSNER FABRICE/SIPA/1503021649 — SIPA

La Cour des comptes a stigmatisé la guerre des polices et le taux d'élucidation des crimes et délits en France par les forces de l'ordre, dans un référé publié mercredi. Les référés sont des observations et des recommandations formulées par la haute juridiction sur la gestion des services de l'État. La Cour s'est ainsi attachée, dans son travail, à la «fonction de police judiciaire» dans les forces de l'ordre.

Les Français très confiants en la police et la gendarmerie

Le constat est sans appel: «L'exercice des missions de police judiciaire se caractérise par une coopération encore insuffisante» entre les services de police, et avec ceux de gendarmerie, écrit son premier président, Didier Migaud, dans ce référé adressé aux ministres de la Justice et de l'Intérieur, Christine Taubira et Bernard Cazeneuve.

«Excessif» selon Cazeneuve

La Cour souligne également la «grande disparité entre ces services dans l'élucidation des crimes et délits», ainsi qu'une «répartition territoriale déséquilibrée» de leurs effectifs «par rapport au nombre et à la gravité des faits à traiter».

«Il n'est pas rare, argumente-elle, que les deux forces», police et gendarmerie, «se disputent l'attribution des affaires complexes» et il «n'existe entre elles que peu de coopération opérationnelle».

Un fichier commun pour la police et la gendarmerie

«Le partage du renseignement, clé de voûte du métier des enquêteurs judiciaires, reste rare et alimente les rivalités», dénonce encore la Cour.

Dans sa réponse, Bernard Cazeneuve évoque un «tableau particulièrement sombre» de la Cour, qui lui «semble excessif».