VIDEO. Crash en Argentine: Les premières hypothèses sur les causes de l'accident

DRAME Si l’enquête peut se diriger vers la faute humaine, beaucoup de proches des deux pilotes soulignent leur grande expérience...

O. G. avec AFP

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Les débris d'un des deux hélicoptères qui se sont heurtés près de Villa Castelli en Argentine, provoquant la mort de dix personnes.
Les débris d'un des deux hélicoptères qui se sont heurtés près de Villa Castelli en Argentine, provoquant la mort de dix personnes. — SIPA

Encore bien des questions sans réponse à propos du tragique accident sur le tournage de Dropped qui a coûté la vie à dix personnes, dont trois grands sportifs français. Des experts du Bureau enquête analyse (BEA) français sont attendus à Villa Castelli ce mercredi. La présidente du bureau argentin d'enquête sur les accidents, Pamela Suarez, est restée évasive sur les causes du crash, invoquant le secret de l'enquête. Elle a prévenu que le rapport sur les causes de l'accident ne serait rendu que dans plusieurs mois. D’ici là, le point sur ce que l’on peut conclure des images et témoignages sur les raisons de cet accident.

Deux pilotes aguerris

Si l’enquête peut se diriger vers la faute humaine, beaucoup de proches des deux pilotes argentins, décédés dans l’accident, soulignent depuis lundi la grande expérience de ces derniers. «Ces pilotes militaires ont participé au conflit des Malouines, au Dakar et à des opérations de sauvetage après des inondations», dévoile cette vidéo.

La femme de l'un des pilotes, Juan Carlos Castillo, a rencontré la correspondante de LCI sur place. «Elle ne comprend pas ce qu'il s'est passé», a-t-elle déclaré alors que la justice a débuté ses investigations. «Son mari était un pilote aguerri, expérimenté», a-t-elle insisté auprès de la journaliste. L’enquête devra passer au crible la formation et l’expérience de ces pilotes.

Une faute de pilotage?

Pour beaucoup d'experts aéronautiques, une faute de pilotage est à l'origine du drame. Les deux hélicoptères, des Ecureuil de fabrication récente (2010), volaient près l'un de l'autre, à faible altitude, quand l'un d'eux a heurté le second, provoquant le crash des deux appareils.

«L'hélicoptère volant devant est dans l'incapacité de voir l'autre appareil, ni dessous, ni derrière et encore moins les deux à la fois, souligne un pilote expert des hélicoptères interviewé par l’AFP. «L'appareil, qui est devant, n'est donc pas, par nature, en cause quand bien même il a(urait) ralenti sa vitesse ou changé de trajectoire. Cela n'a pas d'importance», relève-t-il. C'est toujours au pilote de derrière d'adapter sa vitesse et sa trajectoire à celles de la ou des machines volant devant lui.» «Dans ce cas précis, celui de derrière n'a pas du tout l'air d'avoir pris en compte celui qui est devant», notent plusieurs spécialistes.

Le pilote de ce deuxième hélicoptère qui transportait l’équipe du tournage a-t-il été dérangé par ses passagers? Eu un moment d’inadvertance? Un expert souligne que dans le cadre d'un tournage d'émissions de téléréalité, il a pu y avoir «la tentation d'un vol sensationnel», faisant oublier au pilote le principe de base d'une vigilance à chaque instant.

Quelles conditions météo?

Coup de vent dramatique? «On ne sait pas à quoi est due la collision, les conditions climatiques étaient bonnes», a rapidement assuré un porte-parole de la province de La Rioja, Horacio Alarcon. Mais mardi, le quotidien argentin Clarin évoque un possible «tourbillon de vent», fréquent dans cette région, qui aurait «pu provoquer le désastre».

Peut-on exclure un problème technique?

Pour Lucien Roulland, pilote d’hélicoptère qui a écrit une tribune sur Le Plus, la vidéo semble exclure un problème technique. «La piste d’une défaillance mécanique devra être étudiée, mais je n’y crois pas vraiment, écrit-il sur le site. En effet, en cas de panne, un hélicoptère continue de planer et ne tombe pas comme une pierre au sol. «Il me semble que cet accident est dû à une faute d’inattention», ajoute-t-il. Je pense que les deux engins étaient très proches l’un de l’autre. Il faut au moins 50 mètres entre deux hélicoptères pour éviter le moindre accident.»

«Dans tous les cas de figure, quand on a une panne grave sur un hélicoptère, on se met en auto-rotation ou en descente. Sur ces images, il n'y a rien qui ressemble ni de près, ni de loin à une amorce d'auto-rotation ou de mise en descente donc a priori pas de panne», s'accordent à dire les experts à l’AFP tout en exhortant à attendre les conclusions de l'enquête.