Autoroutes: «Il faut revoir les contrats», selon Jean-Paul Chanteguet

PEAGES Dans «Le Parisien», l'ancien rapporteur PS de la mission d'information sur les autoroutes explique pourquoi il a démissionné du groupe de travail...

Delphine Bancaud

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Jean-Paul Chanteguet, député de l'Indre
Jean-Paul Chanteguet, député de l'Indre — BERTRAND GUAY / AFP

Voici venu le temps des explications. Après avoir claqué la porte du groupe de travail sur les autoroutes ce lundi, son ancien rapporteur PS également président PS de la commission du Développement durable de l'Assemblée nationale, Jean-Paul Chanteguet, partisan d'une résiliation des contrats, a donné les raisons d’une telle réaction dans l’édition de mardi du Parisien.

Il dénonce tout d’abord les conditions dans lesquelles il a dû travailler, déplorant le peu de temps qu’il a eu pour évaluer la possibilité d’une résiliation ou d’une renégociation des contrats liant l’Etat et les sociétés d’autoroutes. «Il nous aurait fallu au moins quatre mois. Nous n’avons eu que trois semaines…», explique-t-il.

Le sentiment d'avoir été instrumentalisé

Plus grave selon lui: alors que le premier rapport du groupe de travail devait être rendu ce mardi, le ministre de l’Economie ne l’a pas attendu pour annoncer lundi son souhait de remettre à plat les contrats, en écartant l’hypothèse d’une résiliation. «Les dés étaient pipés», s’exclame Jean-Paul Chanteguet, qui estime avoir été instrumentalisé. «L’objectif était visiblement de nous faire cautionner les propositions des sociétés d’autoroutes», avance-t-il. Le président PS de la commission du Développement durable de l'Assemblée nationale va même plus loin en insinuant que le gouvernement ne défendrait pas l’intérêt général dans ce dossier.

Pour lui, aucun doute n’est possible: les sociétés d’autoroutes sont les grandes gagnantes de l’affaire. «Car les profits sont beaucoup plus importants que ce qui était prévu lors de la privatisation en 2006». Selon lui «ce sont 60 milliards d’euros de dividendes qui seront versés aux actionnaires en vingt-cinq ans!». Et au final, ce sont les automobilistes qui trinqueront et verront le prix des autoroutes encore augmenter. Et même s’il ne fait plus partie du groupe de travail, Jean-Paul Chanteguet ne peut s’empêcher de formuler des recommandations: «Il faut donc revoir les contrats! (…) On pourrait par exemple, ne dénoncer qu’un ou deux contrats, revoir les tarifs des péages ou demander une participation financière plus importante aux sociétés autoroutières».