«Le service civique, c'est donner de sa personne»

TEMOIGNAGES A l'occasion du colloque qui a lieu ce lundi sur le service civique, trois volontaires racontent la mission d'intérêt général qu'ils ont effectuée...  

Delphine Bancaud

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Paris le 27 juin 2012. . Rassemblement sur le champ de Mars d'un millier de jeunes effectuant leur service civique volontaire. partout en France. Batucada geante.
Paris le 27 juin 2012. . Rassemblement sur le champ de Mars d'un millier de jeunes effectuant leur service civique volontaire. partout en France. Batucada geante. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Encore jeune, mais déjà tellement populaire. Alors que le service civique fêtera ses cinq ans mardi, le dispositif a su déjà conquérir 85.000 jeunes de 16 à 25 ans, qui ont ainsi effectué une mission d’intérêt général indemnisée de six à douze mois. 20 minutes a interrogé trois volontaires qui racontent ce que cette « immersion citoyenne » a changé dans leur vie.

Sophia Hocini, 21 ans, actuellement en service civique à Marseille au sein de l’Afev, qui vient en aide aux écoliers en difficulté scolaire

« J’ai décidé d’interrompre mes études de lettres pendant un an pour réfléchir à ma place dans la société et devenir actrice de ma citoyenneté. Car même si j’étais partie prenante dans des associations, j’avais envie de pousser mon engagement plus loin. Dans le cadre de ma mission, j’interviens dans deux lycées professionnels et un collège. J’organise des ateliers de remobilisation scolaire pour rebooster les élèves en difficulté, ainsi que des ateliers de français langue étrangère pour les élèves étrangers. Cette mission m’a vraiment transformée humainement. Avant je n’étais pas très à l’écoute des autres. Le fait de travailler en équipe et de venir en aide à des jeunes m’a canalisée et m’a ouverte aux autres. J’ai appris aussi à organiser des événements et je suis ravie de me dire que grâce à mon action, j’ai évité que certains jeunes décrochent scolairement. Ca a aussi conforté mon souhait de m’orienter dans l’associatif. Au final, cela aura été un vrai tremplin pour moi. »

Guillaume Montrocher, 21 ans, a effectué un service civique de six mois entre mai et novembre 2014 à l’association Epices de Mulhouse

« Le service civique, c’est donner de sa personne. Au sein de l’association Epices, j’encadrais des groupes qui s’exerçaient à la cuisine. Il s’agissait aussi bien d’anciens détenus, de réfugiés politiques, de mamans d’origine étrangère ou d’adolescents. Ma mission était de promouvoir auprès d’eux le bien manger, mais aussi de leur apprendre des savoirs culinaires de base. Cette expérience a révélé mon envie de faire de la cuisine et depuis, je suis une remise à niveau pour intégrer un BTS hôtellerie-restauration. Cette expérience m’a aussi permis de rencontrer des chefs, ce qui facilitera mes recherches de stages. Le service civique, c’est vraiment un bon moyen pour chaque volontaire de prendre conscience de sa valeur. Et ce dispositif permet de promouvoir les valeurs de la République. On prône le partage, l’entraide et on est tous égaux ».

Amandine Laborie, 24 ans, actuellement en service civique chez Animafac, un réseau d’associations étudiantes, à Paris

« Le service civique, c’est un super moyen de rebondir. Lorsque j’ai décidé d’arrêter mon sport études, j’ai postulé dans plusieurs masters mais j’étais toujours refoulée, faute d’expérience. Le service civique m’en offre une belle, avec des responsabilités à la clé. Je suis chargée de valoriser l’engagement étudiant auprès des lycées et des étudiants eux-mêmes et de fédérer le réseau des associations étudiantes d’Animafac. Ça m’a permis d’acquérir des compétences en communication et en organisation, tout en gagnant de l’assurance. Je sors de cette aventure pleine de projets. Tout d’abord, je vais postuler pour devenir peut-être lauréate de l’Institut du service civique. J’ai aussi très envie d’effectuer un service volontaire européen. Alors quand j’entends que le gouvernement cherche à démocratiser le service civique, je trouve que c’est une excellente initiative. Mais il ne doit pas devenir un passage obligé. Il doit rester une démarche spontanée de ceux qui veulent se rendre utiles à la société. »