VIDEO. Tuerie de Chevaline: La piste du motard abandonnée, l'enquête revient au point mort

JUSTICE Il n'est pas impliqué dans l'affaire, selon «France info»...

C.B.

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Un portrait robot d'un motard aperçu près du lieu du crime de Chevaline, diffusé par la gendarmerie nationale le 4 novembre 2013
Un portrait robot d'un motard aperçu près du lieu du crime de Chevaline, diffusé par la gendarmerie nationale le 4 novembre 2013 — Gendarmerie Nationale

C’était la piste principale des enquêteurs dans l’affaire de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie). Et elle s’est complètement effondrée, comme le révèle France info ce vendredi. Le motard aperçu à proximité des lieux de la tuerie, en septembre 2012, a été identifié et entendu par les enquêteurs et «il n’est pas impliqué dans le quadruple meurtre estiment les juges d’instruction d’Annecy», explique la station.

Originaire de Lyon, il était venu «du côté de Chevaline, début septembre 2012, pour pratiquer sa passion: le parapente. La zone est effectivement connue pour ses "spots" de vol libre, entre le col de la Forclaz, la montagne du Charbon et la commune de Doussard», poursuit France info, qui rapporte également les propos d’un acteur du dossier, expliquant que «son profil personnel et professionnel l’exclut de la liste des suspects à 95 %, mais des vérifications doivent encore être menées».

«Les gendarmes l’ont finalement identifié grâce à son téléphone portable qui a "borné" dans la zone du crime, mais aussi par l’exploitation d’images vidéo collectées peu après le drame», détaille la station.  «C'est un chef d'entreprise de Rhône-Alpes, honorablement connu et au-dessus de tout soupçon, qui était venu faire du parapente et qui rentrait chez lui», a déclaré le procureur d'Annecy Eric Maillaud.

«Il dit qu'il n'a pas fait attention à tout le battage médiatique»

Ce mystérieux motard, vu près de la scène de crime peu avant les faits par des gardes forestiers, était recherché depuis le début de l'enquête, il y a deux ans et demi. Un portrait-robot du motard, portant un bouc et un casque très rare, avait été diffusé en novembre 2013. La diffusion de ce portrait-robot avait conduit à l'arrestation d'un ancien policier municipal résidant au bord du lac d'Annecy, qui avait été mis hors de cause après quatre jours de garde à vue.

Le motard identifié par les enquêteurs a été entendu il y a trois semaines par les juges d'instruction. «Il dit qu'il n'a pas fait attention à tout le battage médiatique qui a été fait autour du motard et du casque» au moment de la diffusion du portrait-robot, a indiqué Maillaud. En outre, cet homme, qui n'a pas de casier judiciaire, «dit qu'il n'a absolument rien vu» le jour de la tuerie, a ajouté le magistrat.

«Il doit être réentendu prochainement. On va lui demander de raviver ses souvenirs», a précisé Maillaud. A présent, les enquêteurs cherchent toujours à identifier les occupants d'un 4X4 aperçu non loin des lieux du drame.

1.300 personnes entendues en France et à l'étranger

Plus de 1.300 personnes ont été entendues en France et à l'étranger dans le cadre de cette affaire de Chevaline qui a fait quatre morts le 5 septembre 2012, au bord du lac d'Annecy. Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne, sa femme de 47 ans et sa belle-mère de 74 ans, avaient été tués de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière proche de Chevaline (Haute-Savoie).

Sylvain Mollier, probable victime collatérale, avait également été abattu. L'une des fillettes du couple al-Hilli avait été grièvement blessée tandis que la seconde, cachée sous les jambes de sa mère, s'en était miraculeusement sortie indemne.