Les cliniques manifesteront avec les médecins le 15 mars

PROJET DE LOI SANTÉ La Fédération de l'hospitalisation privée entend ainsi «exprimer sa solidarité avec les médecins et dénoncer la mise à mort de l'hospitalisation privée et de la médecine libérale»...

B.D. avec AFP

— 

Manifestation de médecins à Lyon, le 5 janvier 2015 Lancer le diaporama
Manifestation de médecins à Lyon, le 5 janvier 2015 — Jeff Pachoud AFP

Les cliniques privées défileront le 15 mars avec les syndicats de médecins «contre le projet de loi santé et pour la défense de la médecine libérale et de l'hospitalisation privée», a annoncé ce jeudi la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP).

En se joignant à cette manifestation nationale à l'appel de plusieurs organisations de médecins, la FHP entend «exprimer sa solidarité avec les médecins et dénoncer la mise à mort de l'hospitalisation privée et de la médecine libérale». «Que ce soit le projet de loi de santé ou la campagne tarifaire, les méthodes mises en oeuvre nous montrent qu'il n'y a aucune reconnaissance pour les acteurs de soins privés, que les Français pourtant plébiscitent», a estimé dans un communiqué Lamine Gharbi, président de la FHP.

«Colère sourde»

«Nous manifesterons aussi pour défendre l'intérêt général et alerter les Français de ce qui se trame, à savoir le démantèlement du système de santé issu de 1945 et de ce qui fait sa force: la pluralité des acteurs, publics et privés, et la liberté de pouvoir choisir son médecin et son établissement», a-t-il ajouté.

Selon le président de la FHP, il s'agit d'«un mouvement sans précédent, au-delà des sensibilités et des générations». «Une colère sourde monte. Le président de la République sera, nous l'espérons, à l'écoute de ce qui va se dire le 15 mars», a-t-il ajouté.

Lamine Gharbi s'est également indigné du report de la publication des tarifs hospitaliers. Habituellement fixés au 1er mars par arrêté du ministère de la Santé, ces tarifs définissent le montant des remboursements par l'Assurance maladie aux établissements hospitaliers pour les 2.300 actes de soins répertoriés. «Le ministère demande aux établissements hospitaliers de ne plus facturer. On va ainsi étrangler des cliniques fragiles, dont la trésorerie est déjà tendue», a-t-il estimé.

Crispation

Contacté par l'AFP, le ministère de la Santé a indiqué que la publication des tarifs interviendrait «la semaine prochaine». A partir de ce moment-là, «la facturation pourra débuter de façon rétroactive» au 1er mars. Autre point de crispation pour la FHP, l'annulation par le ministère des «trois dernière réunions prévues» dans le cadre du groupe de travail sur le service public hospitalier, que doit redéfinir le projet de loi santé.

Si la FHP dénonce «l'ensablement des discussions», le ministère assure que les «travaux techniques et les échanges se sont poursuivis avec l'ensemble des acteurs» malgré l'absence de «réunion plénière». Une nouvelle réunion doit se tenir la semaine prochaine, a-t-il indiqué. La manifestation du 15 mars est organisée à une semaine du premier tour des élections départementales et à quelques jours de l'examen en commission des affaires sociales du projet de loi santé.