Jeune blessé par un tir de flashball: Le procès du policier s'ouvre ce jeudi

JUSTICE L'agent avait tiré sur un lycéen le blessant gravement à l'œil en 2010 à Montreuil (Seine-Saint-Denis)...

C.B.

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Flashball de la police nationale. Photo d'illustration. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY
Flashball de la police nationale. Photo d'illustration. AFP PHOTO / BERTRAND GUAY — AFP

C’était il y a presque cinq ans. Le 14 octobre 2010, Geoffrey, lycéen alors âgé de 16 ans, manifeste avec ses amis à Montreuil (Seine-Saint-Denis) contre la réforme des retraites. Non loin d’eux se trouvent des policiers. L’un d’entre eux utilise son flashball. Geoffrey reçoit le tir en pleine tête. Pour lui, la galère commence, d’autant plus que le policier l’accuse d’avoir lancé plusieurs projectiles en direction des renforts policiers.

«Cette version, que le policier a maintenue durant plusieurs mois, a ensuite été contredite par la quasi-totalité des témoins, ainsi que par une vidéo amateur», relate Le Parisien-Aujourd’hui en France. Le procès du policier se tient ce mercredi au tribunal de grande instance de Bobigny.

«Qu'on reconnaisse qu'un policier a tort, et qu'un jeune a raison»

Geoffrey n’attend qu’une chose, comme il le confie au Parisien-Aujourd’hui en France: «Qu'on reconnaisse qu'un policier a tort, et qu'un jeune, qu'on a tenté de faire passer pour un délinquant, a raison. Une parole assermentée, on a du mal à la contredire. C'est grâce à la vidéo que la vérité a pu éclater.»

Il raconte d’abord ses séjours à l’hôpital, ses six opérations pendant lesquelles on lui a posé des plaques de titane au visage. «Je n'ai pas bénéficié d'une reconstruction parfaite du visage. Mais ce que les médecins ont réalisé relevait de l'impossible!», dit-il.

«Cette arme qui casse, presque une arme de guerre» 

Et d’ajouter : «J'ai toujours la gueule cassée, même si ce n'est pas flagrant. Ma paupière ne se referme pas totalement, une partie de mon visage reste un peu paralysée. Les nerfs ne se sont pas reconstruits, et je ne sais pas s'ils le seront un jour...».

Il raconte aussi comme ses «études se sont écroulées», le mal qu’il a eu à «remonter la pente», son travail dans l’événementiel aujourd’hui. Le jeune homme revient enfin sur le flashball, «cette arme qui casse, presque une arme de guerre» et estime que «c'est vraiment triste de penser qu'on peut l'utiliser contre des gens qui manifestent, qui expriment leurs idées, et ne sont pas armés».