Viol, méthadone et corps calciné: Ouverture du procès d'un marginal à Melun

JUSTICE L'accusé nie le meurtre de deux femmes en 2010 et en 2011...

20 Minutes avec agences
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Illustration justice. Code de procédure pénale.
Illustration justice. Code de procédure pénale. — G. VARELA / 20 MINUTES

A-t-il fait boire de la méthadone à des filles pour s'attirer leurs faveurs sexuelles? Le procès d'un marginal de 36 ans, soupçonné d'avoir empoisonné deux femmes, dont l'une a été découpée et brûlée, l'autre violée, a débuté, ce mardi à Melun, par les dénégations de l'accusé.

Devant la cour d'assises de Seine-et-Marne, l'accusé, a nié les faits: il n'a empoisonné «personne».

Une enfance «pas très drôle»

Ce marginal a gardé les yeux baissés et s'est montré plutôt taiseux face à la présidente, qui l'a interrogé sur son passé et une enfance «pas très drôle» dans un bidonville de La Réunion. «Mes parents buvaient», a péniblement raconté cet homme, les yeux embués. «Depuis que j'ai grandi, je suis violent. Mon passé est gravé en moi.»

A 10 ans, il fugue et vivote dans la rue avant d'être placé dans un foyer, puis dans des familles d'accueil jusqu'à ses 18 ans. Lorsqu'il arrive en Métropole en 2005 pour suivre sa compagne de l'époque, il se retrouve à nouveau à la rue, fréquente les squats et SDF à Meaux (Seine-et-Marne).

Pris « de panique »

Et c'est en 2011, en août, que les restes d'une jeune femme, prénommée Rachelle, sont découverts encore fumants par des ouvriers qui travaillent à l'entretien de l'aqueduc souterrain de la Dhuys, près de Meaux.

La veille de son décès, cette femme de 30 ans avait terminé la soirée chez lui. Aux enquêteurs, l'accusé explique qu'il l'a découverte au petit matin «suicidée dans sa salle de bain», et que pris «de panique», il a décidé de découper son corps avec une scie, de mettre les restes dans des sacs plastique et de les brûler dans un bois.

Lien avec un autre meurtre

Mais l'autopsie exclut une mort par strangulation ou asphyxie et révèle que Rachelle a succombé à une intoxication aiguë due à une surdose de méthadone. Ce qui fait le lien avec la mort de Delphine, une jeune SDF retrouvée au bord de la Marne en août 2010 et décédée dans les mêmes circonstances.

Le dossier rouvert, des traces de sperme de l'accusé seront retrouvées sur Delphine. Et l'accusé de reconnaîtra avoir eu une relation «consentie avec elle», alors qu'ils buvaient des bières au bord de l'eau. L'accusé, qui n'est pas toxicomane même s'il reconnaît consommer du cannabis, s'est toujours défendu de posséder de la méthadone et d'en avoir administré à ces jeunes femmes. Le verdict est attendu vendredi.