Jean-Christophe Cambadélis, l'équilibriste précaire du PS

POLITIQUE Il tape sur les doigts d'un peu tout le monde, gouvermenent comme frondeurs, pour se positionner en point d'équilibre du PS, à quelques mois du congrès du Parti socialiste...

20 Minutes avec AFP

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Jean-Christophe Cambadélis à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2014.
Jean-Christophe Cambadélis à l'Assemblée nationale le 16 décembre 2014. — CHAMUSSY/SIPA

Certains y voient une subtile position d'équilibriste, d'autres une prise de position a minima. A l'issue du bureau national mardi soir, la direction du PS a rappelé à l'ordre les députés «frondeurs » pour avoir voulu voter «contre» la loi Macron, tout en réclamant, sur ce texte, d'être davantage écouté par le gouvernement.

Le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis a fait voter en bureau national (BN) mardi soir, par 29 voix pour, 9 abstentions et 3 non participation au vote une «résolution» en trois parties.

La première rappelle à l'ordre les parlementaires qui voulaient voter contre la loi Macron, obligeant la semaine dernière Manuel Valls à dégainer l'article 49-3 de la Constitution: «en toutes circonstances, ils doivent respecter la règle de l'unité de vote de leur groupe». Et le patron du PS de dénoncer un «manque de respect, de camaraderie et de fraternité», lors d'une conférence de presse à l'issue du BN.

Rappel à la règle d'unité de vote

Mais il a aussi rappelé que le PS était «un parti de débat». Mais «à la fin, parce que nous sommes une organisation et pas une association de copains», il y a «une décision collective» qui «s'applique à tout le monde».

Deuxièmement: désormais, «pour les textes essentiels», selon Jean-Christophe Cambadélis, «le bureau national, en dialogue avec les groupes socialistes au Parlement, donnera ses consignes sur les textes après audition du gouvernement».

«Il n'y aura pas de vote contre» à l'avenir, est persuadé le premier secrétaire, sans expliciter, ce qui fonde cette certitude, alors même que la semaine dernière entre 30 et 40 députés PS s'apprêtait à voter contre la loi Macron. «C'est une analyse», a-t-il éludé.

Petite tape sur les doigts du gouvernement

La consigne pourra d'ailleurs être assez libre: « Par exemple, sur le texte concernant la fin de vie, le BN peut parfaitement décider qu'il laisse la liberté de conscience aux députés socialistes », a-t-il dit.

Enfin, et là c'est une critique forte envers le gouvernement, le texte de la résolution demande que le PS soit davantage entendu sur la loi Macron. Il estime que le mémorandum adressé à l'automne au gouvernement avant l'examen de la loi Macron, et dans lequel il préconisait par exemple le chiffre de sept dimanches ouverts au commerce, contre 12 dans la loi Macron, «n'a pas été étudié comme il aurait dû» et «doit l'être en seconde lecture».

Pas de sanctions à la veille des élections mais...

Mais si jamais des députés récidivaient en voulant voter contre un texte de loi ? «Dans ce cas, le BN se réunira (...) il peut saisir la commission des conflits (...) il peut y avoir un certain nombre de mesures qui vont du blâme à l'exclusion».

Pas de sanction donc, comme le réclamaient certains à «l'aile droite» du parti. «L'idée était de sortir par le haut des difficultés que nous avons rencontrées la semaine dernière (...) J'ai privilégié le chemin du rassemblement, je suis contre la fragmentation », s'est défendu Jean-Christophe Cambadélis, tout à son rôle d'équilibriste en vue du prochain congrès de Poitiers (début juin). Il brigue sa succession et un adoubement par le vote des militants.

«Je ne voyais pas, dans le moment, un débat conduisant aux exclusions», a-t-il ajouté, alors que la majorité de gauche, affronte dans un mois des «élections décisives dans un climat de division à gauche jamais vu». Le gauche pourrait perdre 30 à 40 départements.