Fraude: La SNCF passe à la tolérance zéro

TRANSPORT La compagnie ferroviaire a présenté ce vendredi son nouveau plan de lutte antifraude. Hausse des amendes et portiques avant de grimper dans le train sont au programme…

Fabrice Pouliquen

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Un contrôleur de la SNCF sur le quai d'une gare.
Un contrôleur de la SNCF sur le quai d'une gare. — MEIGNEUX/SIPA

Le manque à gagner n’est pas négligeable. La fraude coûterait chaque année 300 millions d’euros à la SNCF. «Au bas mot, répète Alain Le Vern, directeur général Régions et Intercités et de ce fait M. Fraude de la SNCF. Cela représente le coût de dix TGV neufs ou de 30 trains neufs RER ou 15 km de voies nouvelles grande ligne ou 150 km de rénovations de lignes classiques. Cette fraude est autant un problème de société, d’incivilité, qu’un vrai sujet financier pour la SNCF.»

La compagnie ferroviaire veut donc passer à la tolérance zéro et présentait ce vendredi matin son nouveau plan de lutte contre la fraude. L’ambition? «Réduire de moitié, d’ici deux ans, ces 300 millions perdus», indique Alain Vern.

Premier outil utilisé: la hausse généralisée des amendes à payer pour les fraudeurs. Le nouveau barème entrera en vigueur le 2 mars prochain. Pour un contrevenant identifié durant une opération de contrôle, l’amende passera de 35 à 50 euros pour un trajet de moins de 150km. Pour les distances plus courtes, le fraudeur devra payer 50 euros plus le prix du billet, contre 25 plus le prix du billet jusque-là. Si le fraudeur ne paie pas immédiatement dans le train, l’amende pourra grimper jusqu’à 88 euros pour les trajets de moins de 150 km et de 88 euros plus le prix du billet pour les trajets plus longs. Enfin, si l’amende n’est pas payée dans un délai de deux mois, le dossier sera transféré au Trésor public et pourra se traduire par une amende de 375 euros.

Améliorer les taux de recouvrement

Voilà pour les amendes. Il reste aussi à la SNCF à améliorer son taux de recouvrement. Seuls 10% des contrevenants s’acquittent aujourd’hui de leurs amendes. C’est l’un des axes forts de ce nouveau plan de lutte contre la fraude. La SNCF s’est déjà attachée les services d’un cabinet d’huissier depuis peu pour améliorer l’application des condamnations. «Nous renforçons aussi notre coordination avec la police nationale, la gendarmerie nationale et les opérateurs de transports pour prendre en charge les fraudeurs qui refusent de décliner leur identité, complète Maud Bailly, directrice des trains à la SNCF. Courant 2015, les agents SNCF en charge du contrôle des billets pourront également s’adresser  aux administrations d’Etat compétentes pour vérifier l’adresse réelle des contrevenants.»

Des portiques pour accéder aux trains à partir de 2017

La SNCF annonce également l’augmentation des  contrôles de billets avant et après l’arrivée des trains. «Un appel d’offres a été lancé pour la construction de valideurs sans contact qui permettront l’accès aux quais et aux trains», annonce Alain Le Vern. Ces valideurs sans contact, des portiques, reconnaîtraient aussi bien un billet classique, qu’un billet imprimé ou un titre sur smartphone.

Ces valideurs pourraient être installés dès 2017 et concerneraient dans un premier temps les principales destinations TGV. «Nous étudions aussi leur pertinence pour les TER et les intercités, poursuit Alain Le Vern. Ces systèmes automatisés de contrôle de billets nous permettront ensuite de mieux déployer nos agents sur les lignes où nous constatons le plus de fraudes.» Et ces trains les plus fraudés sont ceux qui circulent en zones urbaines denses avec des arrêts fréquents. Les TER, les RER et les trains intercités.