Anne Hidalgo, la maire de Paris, à Washington le 18 février 2015.
Anne Hidalgo, la maire de Paris, à Washington le 18 février 2015. — BRENDAN SMIALOWSKI / AFP

PARIS

Paris: Contre la radicalisation, Hidalgo veut prendre le «contrepied des no-go zones»

La maire de Paris appelle à une «implication plus forte des Parisiens» sur la réponse à donner au djihadisme...

Promouvoir «une ville plus inclusive». Mercredi à Washington, la maire de Paris, Anne Hidalgo, s'est montrée déterminée à prendre «l'exact contrepied des "no-go zones" fantasmées par certains» pour lutter contre la radicalisation des populations, en référence aux «zones de non-droit» qui existaient à Paris selon la chaîne Fox News.

Lors d'un sommet contre la violence extrémiste auquel participent des représentants de 60 pays, elle a affirmé qu'elle «s'inspirait» à Paris de villes américaines comme New York pour renouveler le modèle français républicain d'intégration.

Les actes antisémites ont doublé, les actes anti-musulmans augmenté de 10%

«Paris est une ville d'opportunités, progressiste et humaniste», a lancé Anne Hidalgo, estimant que la capitale française portait à ce titre «une responsabilité» dans la lutte contre le fléau de la radicalisation. L'élue socialiste a précisé que les actes antisémites avaient doublé en France de 2013 à 2014, pendant que les actes anti-musulmans avaient eux-mêmes augmenté de 10%. Elle a ajouté que les attentats de Paris, qui ont fait 17 morts au total, «illustrent les violences communautaires» et «visent les fondations de nos démocraties».

«Nous devons opposer un projet de société à part entière, une fraternité», a martelé la responsable, convaincue que «pour s'inscrire dans les valeurs communes de la République française, il faut être fier de ses origines» et être «respecté» en tant que tel.

Ecole le samedi matin et «carte de résident de Paris» à partir de 7 ans

«A l'image des "community services" aux Etats-Unis» (services d'intérêt général rendus par des citoyens ou des groupes de citoyens), la Ville de Paris insiste sur le dialogue avec les associations, investit dans l'aménagement urbain des quartiers populaires, cherche à promouvoir les partenariats à la sortie de prison et à «aider les jeunes à retrouver le chemin de l'école».

La capitale de la France propose à cet égard de rouvrir les écoles le samedi matin pour «aider à la réussite scolaire», car «derrière chaque parcours de radicalisation, il y a un échec à l'école», a-t-elle ajouté. Elle propose aussi de créer une «carte de résident de Paris» quelle que soit la nationalité, à partir de l'âge de 7 ans, à l'image de New York.

Tirant le bilan du sommet, où elle a vu «beaucoup de convergence» sur la réponse à donner au djihadisme, la maire française a constaté «beaucoup plus d'engagement personnel» des citoyens dans les villes américaines et a appelé à une «implication plus forte des Parisiens». Elle s'est engagée à «aller réveiller cet engagement» dans sa ville car la réponse au djihadisme «ne peut pas être étriquée, celle du repli sur soi».