Loi Macron: Manuel Valls craint que le texte soit rejeté et n'écarte pas le recours au 49.3

POLITIQUE «Toutes les options sont ouvertes», a affirmé l'entourage de Manuel Valls alors que les frondeurs devraient voter en masse contre ce texte...

M.P. avec AFP

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Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron et le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 14 février 2015 à Paris
Le ministre de l'Economie Emmanuel Macron et le Premier ministre Manuel Valls à l'Assemblée nationale le 14 février 2015 à Paris — Alain Jocard AFP

Ça s’annonce serré pour le projet de loi porté par Emmanuel Macron ce mardi après-midi à l'Assemblée Les frondeurs, groupe de députés PS de trente à quarante personnes, ont annoncé qu’une majorité d’entre eux voteraient contre le projet de loi. Habituellement, ces députés réfractaires s’abstiennent plutôt que de voter contre, ce qui permet à des textes de lois controversés de la majorité de passer à l’arraché.

«A ce stade, ça ne passe pas», a reconnu Manuel Valls  devant les députés PS ce mardi midi tandis qu'Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie a beaucoup moins dramatisé.  «Il ne faut jamais être confiant ni inquiet, il faut être concentré. Il faut travailler jusqu'au bout, expliquer, convaincre, respecter. Après, chacun prend ses responsabilités», a-t-il dit. En début d'après-midi, le bruit a couru que Matignon envisageait de recourir à l'article 49.3 et son entourage n'a pas démenti, assurant que «toutes les options sont ouvertes».

Pression très forte sur les indécis

«Plusieurs dizaines de députés PS ne voteront pas la loi» et parmi ceux-ci «une majorité» «votera contre», mais «chacun en conscience précisera sa position (contre, abstention, non participation au vote)», a confirmé à la presse le député PS Christian Paul, l’un des animateurs des frondeurs. Benoît Hamon avait déjà indiqué un peu plus tôt qu’ «en conscience», il voterait contre ce texte de loi.

«La position commune est d'exprimer notre désaccord» et «les proportions réelles ne seront connues qu'au moment du vote», ont cependant précisé à l'AFP plusieurs autres «frondeurs». Un député, qui va voter contre «sans états d'âme» et a assuré que «la pression sur les députés éventuellement "indécis" n'a jamais été aussi forte».

Frédéric Lefebvre meilleur défenseur de Macron

Et le cabinet du ministre de l’Economie, qui a annoncé par erreur l’adoption de son projet de loi ce mardi matin, ne peut pas vraiment compter sur le soutien d’autres parlementaires de gauche, sauf des fidèles alliés des radicaux de gauche. Quatre des 18 députés EELV maximum se prononceront pour le texte. Les députés du Front de gauche ont confirmé qu'ils voteraient contre un «texte très libéral», «archaïque et rétrograde» selon eux.

Quant à l’UDI, la majorité des 30 députés s'abstiendront ou voteront mardi pour le projet de loi. «Sept à huit sont pour, une petite dizaine s'abstiendront et un peu plus d'une dizaine voteront contre», a détaillé leur président Philippe Vigier. Enfin, à l’UMP, la consigne donnée par Nicolas Sarkozy est de voter contre ce texte, dans l’espoir de faire chuter ce texte symbolique pour le gouvernement. «97 à 98%» des députés UMP vont voter contre, a précisé Christian Jacob tandis que certains francs-tireurs ont déjà annoncé qu’ils voteraient pour ce texte.

Outre Hervé Mariton, Frédéric Lefebvre a annoncé qu’il soutiendra ce texte. L’ex-sniper de Nicolas Sarkozy a d’ailleurs lancé «un appel» à tous les députés de l’opposition (UMP-UDI) pour qu’ils votent le texte. «Je leur dis à tous: "ne votez pas contre ce texte. Votez oui comme je le fais ou abstenez-vous mais ne votez pas contre un texte sur lequel vous partagez l'essentiel"», a-t-il expliqué sur I-Télé.