François Hollande est en route pour Sarre-Union

MEMOIRE Le chef de l'Etat participera ce mardi matin à la cérémonie faisant suite à la profanation de tombes juives...

C.B. avec AFP

— 

Le président François Hollande
Le président François Hollande — Michel Euler/AP/SIPA

Sa venue a été confirmée lundi dans l’après-midi. François Hollande sera bien présent ce mardi à la cérémonie organisée à 11h au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), là où plus de 200 tombes ont été profanées la semaine passée. Les faits auraient été commis par cinq mineurs, «sans antécédents judiciaires» et se défendant de tout antisémitisme, selon Philippe Vannier, le procureur de Saverne. Les jeunes ont été placés en garde à vue lundi.

Tous «originaires de la région» -quatre habitent Sarre-Union, à 80 km au nord-ouest de Strasbourg-, ils auraient commis les faits jeudi. Toujours d’après le procureur, les suspects, âgés de 15 ans et demi à 17 ans, seraient «très choqués de la tournure des événements, impressionnés par la mesure de garde à vue dont ils font l'objet».

Le chef de l'Etat a appelé la communauté nationale au «sursaut» 

Si leurs motivations restent floues, les mineurs se sont défendus de toute intention antisémite lors de leurs interrogatoires et il semble qu'ils aient «considéré le cimetière comme abandonné». L’acte est-il antisémite ou pas? Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, n’a pas attendu les conclusions de l’enquête pour appeler les juifs de France à s’expatrier en Israël. Il avait déjà lancé un appel similaire au lendemain des attentats qui ont ensanglanté Paris début janvier.

Ces propos n’ont pas plu à François Hollande, qui a exhorté lundi les juifs à rester en France: «Je ne laisserai pas (passer) des paroles prononcées en Israël qui laisseraient penser que les juifs n'auraient plus leur place en Europe et en France en particulier», a dit le chef de l'Etat, appelant la communauté nationale au «sursaut» après la profanation du cimetière de Sarre-Union.

«La place des Français juifs, c'est la France»

Un peu plus tôt, Manuel Valls avait tenu des propos similaires à l’égard de la communauté juive: «La France est blessée comme vous et la France ne veut pas votre départ. Elle vous dit une nouvelle fois son amour, son soutien et sa solidarité. Cet amour est bien plus fort que les actes de haine, fussent-ils répétés. Je regrette d'ailleurs les propos de Benjamin Netanyahou. Quand on est en campagne électorale, ça ne veut pas dire s'autoriser n'importe quelle déclaration. La place des Français juifs, c'est la France», avait-il martelé.

Au total, les enquêteurs ont comptabilisé 250 tombes dégradées dans le cimetière juif de Sarre-Union, un petit bourg de 3.000 habitants.