«On voit bien que la vigilance retombe», s'inquiète un membre de Charlie Hebdo

SOCIETE Laurent Léger, rescapé de l'attentat qui a visé l'hebdomadaire, appelle à «s'exprimer et débattre»

20 Minutes avec AFP

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Le journaliste Laurent Léger.
Le journaliste Laurent Léger. — BALTEL/SIPA

«La vigilance retombe», a estimé lundi Laurent Léger, journaliste de Charlie Hebdo et rescapé de l'attentat qui a frappé l'hebdomadaire satirique le 7 janvier, après les attaques du week-end à Copenhague qui ont fait deux morts. «Oui, ils [les médias] n'en font pas assez et les citoyens non plus. On voit bien que la vigilance retombe. Or il faut être plus que jamais mobilisé et vigilant, plus que jamais s'exprimer et débattre», a déclaré Laurent Léger dans un entretien au quotidien Libération.

«Il faut bien voir qui sont ces tueurs, ce sont des gens à qui on a lavé le cerveau, leur but, c'est de faire peur», a-t-il ajouté. «La meilleure façon de leur résister, c'est de ne pas céder à la peur et de continuer à débattre librement, à s'exprimer et à faire des caricatures».

«La liberté d'expression concerne tout le monde»

«Ce combat-là ne concerne pas que Charlie Hebdo, tous les médias doivent le mener, et tous les citoyens aussi. La liberté d'expression, ça concerne tout le monde», a poursuivi Laurent Léger, qui a sauvé sa vie le 7 janvier en se jetant derrière une table.

Selon lui, «on doit expliquer partout où on peut, dans les écoles notamment, à quel point la liberté d'expression est un droit important dans une démocratie, expliquer qu'en France, on a le droit de critiquer les religions, et toutes les religions : musulmanes, chrétiennes, juive... Et si ça ne plaît pas à certains, qu'ils intentent un procès!»

Les attaques du week-end à Copenhague qui ont fait deux morts, et ont visé comme à Paris la communauté juive et un lieu symbolique de la liberté d'expression, ont suscité une nouvelle onde de choc en Europe, confrontée aux défis du terrorisme islamiste et de la protection des juifs du continent.