Pourquoi il est urgent de sauver de la faillite les régimes de retraites complémentaires?

SOCIAL Syndicat et patronat doivent ouvrir mardi une négociation afin d'éviter le naufrage du régime des cadres et de celui des salariés...

M.T. avec AFP

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Paris le 28 mars 2013. Manifestation des retraites contre le systeme de revalorisations des retraites complementaires ARRCO/AGIRC.
Paris le 28 mars 2013. Manifestation des retraites contre le systeme de revalorisations des retraites complementaires ARRCO/AGIRC. — A. GELEBART / 20 MINUTES

L'avenir des retraites complémentaires sera mardi au cœur des négociations entre le patronat et les syndicats. Dès 14h30, au siège parisien du Medef, dans le 7e arrondissement, les négociateurs vont se pencher sur l'avenir de l'Agirc-Arrco.

Qu'est-ce que l'Agirc-Arrco ?

L'association générale des institutions de retraite des cadres (Agirc) et l'association pour le régime de retraite complémentaire des salariés (Arrco) sont les caisses de retraites complémentaires des cadres et des salariés auxquelles cotisent plus de 18 millions de Français. Aujourd'hui, elles comptent 12 millions de bénéficiaires et leur versent plus de 70 milliards d'euros par an.
La pension complémentaire représente approximativement 60% de la retraite des cadres, quand elle équivaut à un tiers de celle des non-cadres.

Principales données sur l'Agirc et l'Arrco - AFP

 

Pourquoi ces caisses sont-elles en péril ?

L'arrivée des générations de l'après-guerre à l'âge de la retraite gonfle les dépenses. D'un autre côté, la crise économique et le fort taux de chômage pèsent sur les recettes, réduisant les rentrées de cotisations sociales.

Quelle est l'urgence de la situation ?

Les réserves accumulées par les deux régimes fondent rapidement pour éponger les déficits. Si rien n'est modifié, celles de l'Agirc pourraient être épuisées en 2018 et celles de l'Arrco en 2027. «L'urgence absolue est de trouver une solution pour l'Agirc», constate Jean-Louis Malys, négociateur de la CFDT, relayé par son homologue de la CFE-CGC, Serge Lavagna : «Il faut prendre des mesures qui repoussent le seuil d'épuisement des réserves de l'Agirc autour de 2020-2025. Après il y aura un système de pilotage.» Si jamais aucune solution n'était trouvée, les négociateurs préviennent qu'en «2018, il faudra baisser la pension des cadres».

Quelles sont les pistes  envisagées ?

Pour le Medef, il faut regarder ce qui rapporte le plus et à court terme, les gains les plus importants découlant notamment d'un recul de l'âge de départ à la retraite. Le syndicat patronal envisagerait donc d'imposer des décotes temporaires ou définitives aux actifs qui prendraient leur retraite avant un certain âge. Certains avancent celui de 67 ans.

Pour la CGT, l'équilibre est à chercher dans les hausses des cotisations de l'Agirc et dans l'alignement des salaires hommes-femmes. Une piste qui pourrait être balayée rapidement par le patronat au motif qu'elle alourdirait le coût du travail.

Pour la CFTC, les pensions de réversion sont une piste possible et sensible, mais le syndicat indique attendre l'analyse des résultats du rapport Fragonard sur les retraites et les avantages familiaux. «Mais quelles que soient les mesures que l'on retiendra, ça va mécontenter toutes les franges de la population», prédit Patrick Poizat, de la CFTC.

Pour les négociateurs, cette réunion va se faire sous pression: si syndicats et patronat n'arrivent pas à s'entendre, le gouvernement pourrait prendre la main sur le dossier.