La pilule Superman.
La pilule Superman. — DR

DROGUE

Des cachets d'ecstasy trafiqués et potentiellement mortels en circulation en Europe

Ils portent un logo «S» comme Superman...

L'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) alerte sur la possible circulation en Europe de comprimés avec un «S» figurant le logo de Superman, vendus comme de l'ecstasy mais qui contiennent une drogue de synthèse plus dangereuse, la PMMA, déjà à l'origine de plusieurs décès.

Selon une communication rendue publique par l'OEDT , au moins six décès survenus dans l'Union européenne en 2014, dont deux récemment en Grande-Bretagne, sont liés à la consommation de ces comprimés d'ecstasy trafiqués, de couleur «rose-orange» et en forme de pentagone irrégulier, portant le «S» de Superman. Leur circulation a également été signalée en Espagne, aux Pays-Bas et en Belgique.

En France, ces cachets «Superman» n'ont pas été identifiés, mais un cachet assez similaire, rose-rouge, affichant le logo «Mitsubishi» et contenant également de la PMMA a été trouvé en Lorraine. La PMMA est une drogue aux propriétés hallucinogènes plus puissantes que le principe actif de l'ecstasy (MDMA) et plus toxique.

«Des hallucinations, notamment auditives, peuvent apparaître»

Son délai d'action après la prise est plus long que celui de l'ecstasy, «ce qui peut amener l'usager habitué à consommer de la MDMA et ne percevant pas d'effets significatifs à en reprendre», explique l'observatoire européen. Dans un premier temps, cette drogue entraîne «une certaine euphorie et un état proche de l'ivresse alcoolique puis des hallucinations, notamment auditives, peuvent apparaître».

Elle cause aussi «une perte d'intérêt pour l'entourage et de motivation pour la parole». 

La PMMA, dont les effets peuvent durer entre quatre et cinq heures environ, peut provoquer une perturbation de l'équilibre chimique du système nerveux central, avec des contractions musculaires, une augmentation de la température corporelle et de la pression sanguine, des nausées, des vomissements, une accélération du pouls, des difficultés respiratoires allant parfois jusqu'à des convulsions, au coma et au décès.

La circulation de cette drogue en Europe s'inscrit dans un contexte de recrudescence de circulation d'ecstasy. En France, depuis 2013, le retour de l'ecstasy s'est notamment manifesté par des teneurs moyennes (de principe actif) plus élevées.