Le reportage de France 2 sur les mutuelles étudiantes crée la polémique

VIE ETUDIANTE Dans «Envoyé Spécial» jeudi soir un documentaire a vivement critiqué les mutuelles étudiantes et notamment la LMDE...

Delphine Bancaud

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Le 11 septembre 2012, à la Cite universitaire internationale, un employé de la LMDE renseigne une étudiante.
Le 11 septembre 2012, à la Cite universitaire internationale, un employé de la LMDE renseigne une étudiante. — Vincent Wartner / 20 Minutes

Alors que la LMDE a été placée sous sauvegarde de justice lundi en raison de ses problèmes financiers, France 2 s'est engouffrée dans la brèche en diffusant jeudi soir un documentaire à charge sur les mutuelles étudiantes dans Envoyé Spécial.

Un document accablant, surtout pour la LMDE. On y voit des étudiants qui attendent leur carte vitale depuis des mois, leurs remboursements de soins depuis des lustres... La journaliste a recueilli aussi le témoignage de Bénédicte, jeune étudiante atteinte de la maladie de Crohn qui voit le remboursement de son médicament onéreux être bloqué en raison de ses démélés avec la LMDE. Le test d'appel de plusieurs hotlines de mutuelles est aussi parlant car la LMDE est celle qui répond en dernier, au bout de 30 minutes. Une étudiante recrutée par la mutuelle est aussi filmée pendant son travail quotidien, qui témoigne de la désorganisation du service. La jeune femme découvre des feuilles de soins qui traînent dans des bacs... depuis 2011. Des anciens employés enfoncent le clou.

Enfin, le reportage montre les liens qu'entretiennent la LMDE et l'Unef, le syndicat étudiant, qui reçoit des fonds de la mutuelle dans le cadre d'un partenariat. D'où l'indulgence du syndicat par rapport aux dysfonctionnements de la LMDE, selon la journaliste.

La colère de l'Unef

Une démonstration qui a suscité l'ire de l'Unef. Dans un communiqué diffusé ce vendredi, le syndicat s'indigne contre ce reportage qui «construit de toutes pièces un scandale à la limite de la théorie complotiste». Concernant son partenariat avec la LMDE, l'Unef indique qu'il est «conforme en tout point à la loi» et «concerne à la fois des activités de préventions réalisées par l'Unef (journée contre le VIH, violences faites aux femmes...) et la communication de la LMDE dans les publications et les événements nationaux de l'Unef». Le syndicat précise qu'il se réserve le droit d'entamer une action en justice pour «faire réprimer toute infraction de diffamation».

A contrario, la Fage, deuxième organisation étudiante, se félicite que le reportage ait «permis de mettre à jour et de rendre public des pratiques choquantes» et qu'il ait révélé «les liens sensibles liant certaines mutuelles à des organisations politiques, syndicales, et visiblement au gouvernement». Saisissant la balle au bond, la Fage réitère sa demande que les étudiants soient directement gérés par l’Assurance Maladie et «qu’une négociation immédiate s’ouvre autour du Premier ministre».

Sur Twitter, le reportage a aussi fait beaucoup réagir. Et ce n'est qu'un début.