Vincent Reynouard condamné à deux ans ferme pour des vidéos négationnistes

JUSTICE L'ancien enseignant négationniste avait diffusé sur Internet des vidéos contestant les crimes contre l'humanité de 39-45...

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la justice.
Illustration de la justice. — Josef Horazny/

L'ancien enseignant négationniste Vincent Reynouard a été condamné mercredi à deux ans de prison ferme pour avoir diffusé sur Internet des vidéos contestant les crimes contre l'humanité de 39-45, diffusées l'an dernier, avant le 70e anniversaire du Débarquement en Normandie.

Le tribunal correctionnel de Coutances (Manche), devant lequel comparaissait Vincent Reynouard, 45 ans, déjà condamné à un an ferme pour une brochure négationniste en 2007, a doublé la peine d'emprisonnement réclamée par le parquet.

Condamné à verser des dommages et intérêts à des associations

Cet ancien professeur, radié de l'Éducation Nationale il y a une quinzaine d'années parce qu'il développait ses thèses négationnistes durant ses cours de mathématiques, a été condamné à verser en outre des dommages et intérêts à plusieurs associations, dont les plus élevés (3.500 euros) à la Licra (Ligue contre le racisme et l'antisémitisme).

Son matériel informatique a été confisqué, il devra aussi payer la publication du jugement dans cinq quotidiens nationaux et régionaux.

Bien connu des néo-nazis, en France et à l'étranger, Vincent Reynouard avait déjà été condamné à un an de prison en 2007 et 10.000 euros d'amende pour diffusion d'une brochure contestant l'Holocauste, purgeant sa peine à Valenciennes après avoir été extradé de Belgique où il s'était réfugié.

Reynouard s'est défendu sans l'aide d'un avocat

Début 2014 il avait posté une vidéo de 45 minutes hébergée par un site d'extrême droite dans laquelle il s'insurgeait contre la «propagande» diffusée selon lui à l'occasion du 70e anniversaire du D-Day, et critiquait des voyages d'études de collégiens et lycéens normands dans d'anciens camps de concentration, y voyant un «embrigadement» au nom du devoir de mémoire.

«Nous sommes très satisfaits de la condamnation de ce forcené du nazisme», a déclaré Christophe Collet, président de l'association Westlake Brothers Souvenir (WBS), qui promeut la mémoire des libérateurs, notamment canadiens, et qui figure dans la vidéo.

Néanmoins il ne se fait pas d'illusions. «Dans quelque temps il y aura de nouvelles vidéos du même type», a-t-il pronostiqué.

Séduit très jeune par le nazisme, Reynouard, qui habite Saint-Lô (Manche), s'est défendu sans l'aide d'un avocat.