Dérapage du déficit et gâchis d'argent public: Le cinglant rapport de la Cour des comptes

ECONOMIE Dans son rapport annuel publié ce mercredi, la Cour des comptes détaille notamment, par le menu, la gabegie de l'argent public...

M.B.
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Didier Migaud le 23 avril 2014 à Paris
Didier Migaud le 23 avril 2014 à Paris — Lionel Bonaventure AFP

Gâchis d'argent public, dysfonctionnements en série… Dans son rapport public annuel publié mercredi, la Cour des comptes appuie, encore une fois, là où ça fait mal.

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Alors que le gouvernement assume désormais le ralentissement du rythme de réduction du déficit public, le premier président de la Cour des comptes, Didier Migaud, l'a enjoint à «s'engager résolument en faveur du redressement des comptes publics, pour une action publique plus exigeante, plus rigoureuse, plus efficace et plus efficiente».

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Une «dérive choquante»

Comme pour éclairer ce propos, le premier président a annoncé que la Caisse des Dépôts allait être traduite devant une instance disciplinaire pour une «dérive choquante» dans les rémunérations de certains cadres et dirigeants.

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La Cour des comptes critique également vertement les agences de l'eau qui collectent deux milliards d'euros de redevance par an et orchestrent selon elle le principe pollueur-payeur depuis la loi sur l'eau de 2006. La part dans la redevance des agriculteurs et industriels est trop faible, l'attribution des aides «insuffisamment transparente» et les règles «inégalement respectées», estime-t-elle, reprochant également des opérations de communication ou d'évènements «dispendieux».

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Elle se montre également très sévère à l'égard de l'agence française de lutte contre le dopage (AFLD), accusée de ne pas suffisamment sélectionner ses cibles mais aussi de négliger la recherche et de conduire trop inégalement des politiques de prévention.

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Eviter les fraudes des étudiants boursiers

Le réseau des oeuvres universitaires et scolaires (Crous et Cnous) est prié de mieux contrôler l'assiduité des étudiants boursiers afin d'éviter les fraudes et la Cour suggère de fermer certains restos U pour faire des économies.

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Quant au Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (Mucem) elle estime qu'elle a souffert d'une gestation «laborieuse», son équilibre économique étant décrit comme «fragile».

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Sur un terrain plus positif, la Cour défend en revanche le réseau de trains Intercités mais en suggérant que son périmètre et son financement soient redéfinis, sans exclure l'éventuelle suppression des dessertes les plus déficitaires.

Elle se dit satisfaite de la réforme de la carte judiciaire mais insiste à nouveau sur la nécessité de «dessiner une nouvelle carte» des sous-préfectures, en supprimant les moins utiles.

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«Une réforme d'envergure» des surrémunérations des fonctionnaires

La Cour conseille en outre de sortir de «l'inextricable maquis» des surrémunérations des fonctionnaires de l'Etat en poste outre-mer, qui coûtent plus d'un milliard d'euros par an, recommandant «une réforme d'envergure».

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La Cour s'insurge également à nouveau contre les retards pris dans le chantier du campus de Jussieu et son «coût croissant» évalué en 2014 à 2,05 milliards d'euros, soit plus de dix fois ce qui était prévu. Les aéroports de Dijon et de Dole, distants de moins de cinquante kilomètres, agacent également les magistrats qui réclament la fin des subventions et la mise en place d'«un scénario alternatif de desserte aérienne». Enfin la Cour s'inquiète de la situation économique de certaines stations de ski des Pyrénées.

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