Procès du Carlton: Première matinée d’audition finalement tranquille pour DSK

JUSTICE L’ancien patron du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn, ne s’est exprimé que brièvement à la barre du tribunal de Lille…

Vincent Vantighem

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DSK à Deauville en septembre 2014
DSK à Deauville en septembre 2014 — Jacques Brinon / AP / Sipa

De notre envoyé spécial à Lille (Nord)

Bras croisés, jambes tendues. Regard dans le vague. Dominique Strauss-Kahn ne s’est finalement pas beaucoup exprimé, ce mardi matin, devant le tribunal de Lille. Accusé de «proxénétisme aggravé» dans l’affaire dite du Carlton, il doit être auditionné pendant trois jours. De ses premiers mots à la barre, le tribunal n’a finalement pas appris grand-chose. Si ce n’est qu’il considère «avoir sauvé le monde d’une des pires crises économiques» quand il était à la tête du FMI.

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Sur le fond du dossier, l’on sait seulement désormais que DSK a, contrairement à ses co-prévenus, refusé, durant l’enquête, de se soumettre à une expertise psychiatrique, estimant «n’avoir commis ni crime, ni délit» dans cette affaire… Interrogé par le président Bernard Lemaire, il a également confirmé sa ligne de défense: Non, il ne savait pas que l’activité qui lui était «dédiée», selon les juges d’instruction, était «prostitutionnelle».

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A ce propos, il a tenu à livrer une simple réflexion sur l’ordonnance qui lui vaut aujourd’hui ce procès au cours duquel il encourt une peine de dix ans de prison et une amende de 1,5 million d’euros d’amende. «On a l’impression d’activités frénétiques où on ne faisait que ça, lâche-t-il à la barre. C’est quatre rencontres par an pendant trois ans et pas plus que ça…»

«Est-il allé au bout?», interroge le président

Le tribunal ne s’est finalement arrêté que sur une seule de cette rencontre. Celle qui a conduit Malika* dans une suite de l’hôtel Murano, en 2010. En pleurs, la jeune femme, a raconté avoir subi une relation «contre-nature» et «animale» alors qu’elle avait exprimé son refus auprès de DSK. «Est-il allé au bout?», interroge le président. «Oui, répond la frêle jeune femme. J’avais besoin de cet argent…»

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Mais truffé de contradictions sur les dates et les différents participants, le récit de l’ancienne prostituée a pris un peu de plomb dans l’aile à mesure que les minutes défilaient sur l’horloge de la salle A du palais de justice de Lille. Frédérique Beaulieu, seule femme parmi les trois avocats assurant la défense de DSK, est venue alors enfoncer le clou, relevant plusieurs erreurs dans les propos de Malika*.

Seule certitude, c’est bien pour le plaisir de DSK que ces soirées étaient organisées. «On m’avait dit que c’était essentiellement pour lui qu’on se rendait à Paris», a-t-elle poursuivi. Impassible, l’ancien président du FMI n’a même pas relevé la tête à ce moment-là. Il va devoir le faire cet après-midi au moment d’être confronté à la barre avec Jade*, une autre prostituée.

*A la demande de leurs avocats, 20 Minutes a changé les prénoms des prostituées