Chômeurs longue durée: Ce qu'ils voudraient pour retrouver du travail

EMPLOI «20 Minutes» donne la parole à ses internautes alors que le ministre du Travail  présentera demain des mesures pour lutter contre ce fléau…

Thibaut Le Gal

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Une agence Pôle Emploi à Villeneuve-d'Ascq, dans le Nord, le 30 septembre 2014
Une agence Pôle Emploi à Villeneuve-d'Ascq, dans le Nord, le 30 septembre 2014 — Philippe Huguen AFP

Le chômage, boulet du gouvernement. 3,496 millions de Français restaient sans activité en métropole en décembre. Dans ce marasme, le chômage longue durée s'amplifie. En fin d'année, plus de 2,4 millions de personnes étaient inscrites à Pôle emploi depuis plus d'un an (+9,3% en un an). Pour les chômeurs inscrits depuis 3 ans ou plus, la hausse atteint 19,1% sur l'année. François Rebsamen présente lundi un plan antichômage de longue durée pour lutter contre ce fléau. Nous avons demandé aux internautes de 20 Minutes ce qu’ils espèraient pour retrouver du travail.

«La galère a atterri dans ma vie»

La colère des chômeurs se tourne en priorité vers Pôle emploi. «Je voulais négocier un emploi d’avenir, mais ils ne pouvaient rien faire. Je ne perds plus mon temps avec ce service», se désole Cintia Cavaillé. Même constat pour Patricia Degremont, sans travail depuis décembre 2010. «Pôle emploi ne m’a jamais aidée. Ils m'ont dit: "avec le CV que tu as, tu es autonome". Je n’ai eu qu’un rendez-vous à l’inscription et deux par téléphone. J’ai pourtant un bac+2 et de l’expérience, mais la galère a atterri dans ma vie, comme beaucoup de Français».

Séb Djsv Inthemix n'attend plus rien de Pôle emploi depuis 2001. «J’ai trouvé par moi-même des petits boulots. Au RSA depuis fin 2010, je suis suivi par l’espace d’insertion par une conseillère. J’ai pu faire une formation à «Sageform» et même si je n'ai rien trouvé encore, ça bouge un peu plus».

Agir sur les contraintes: mobilité et téléphone

François Rebsamen entend «renforcer l'accompagnement, tout en agissant sur les contraintes: le logement, la santé, la garde d'enfant, la formation ou tout simplement le manque d'argent, qui empêchent le retour à l'emploi».

Dans ces «contraintes», le problème de mobilité, et le coût téléphonique sont relevés par plusieurs internautes. «Je n'ai pas le permis, et je vis dans un bled loin des transports. Ça ne m’aide pas pour trouver un emploi», assure Nathalie Masseron. Ornella Deluca demande même «une aide financière pour les jeunes sans permis, qui galèrent chaque jour pour aller trouver du boulot».

«On est demandeur d’emploi, et pourtant pour les joindre au téléphone, il faut payer, c’est dégueulasse», s’indigne Dubois Elonore et d’autres témoins, qui pointent du doigt les longues minutes d’attente avant d’avoir un interlocuteur.  

Formations: «Je ne rentre jamais dans les critères»

Avec la mise en œuvre du nouveau compte personnel de formation (CPF), la formation sera l'un des axes forts du nouveau plan. Une nécessité pour Anto's Dup. «Je suis actuellement en formation pour être ambulancier depuis un mois et je ne sais toujours pas si les 2.200 euros vont être pris en charge». Fabien Charnet abonde: «J’ai demandé une formation de remise à niveau pour retourner exercer dans mon métier mais Pôle emploi ne veut pas me la financer. Je ne rentre jamais dans les critères», s'agace-t-il.

Un meilleur suivi des candidatures

Les internautes espèrent aussi un meilleur suivi. «J’ai donné des dizaines de CV et lettres de motivation pour n’avoir qu’une ou deux réponses», indique Laetitia. «Je trouve inadmissible que certains postent des offres et ne répondent pas aux candidatures!», se désole Maryline Varlet.

«Avant il y avait des rendez-vous avec un conseiller. Plus maintenant. Je n’ai aucune aide pourtant je cherche tous les jours…», regrette Anthony Delaforge. «Quand on passe des entretiens à des centaines de km, la moindre des choses serait d’avoir un suivi de leur part. Il y a beaucoup d’abus des employeurs», développe Audrey Lalou. François Rebsamen pourrait annoncer des mesures en faveur des entreprises qui «jouent le jeu du recrutement des personnes exposées au chômage de longue durée», indique le ministère.