Le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit le 23 juin 2012 à Bobigny
Le directeur de la PJ parisienne Bernard Petit le 23 juin 2012 à Bobigny — François Guillot AFP

FRANCE

VIDEO. Soupçons de fuites: Bernard Petit, le patron de la PJ parisienne, mis en examen

Bernard Petit devrait être remplacé par le patron de la PJ marseillaise, Christian Sainte...

Séisme au «36 Quai des Orfèvres». Le patron de la police judiciaire parisienne, Bernard Petit, a été mis en examen et immédiatement suspendu par l'Intérieur dans la nuit de jeudi à vendredi, soupçonné d'avoir violé le secret d'une enquête judiciaire. Il devrait être remplacé par le patron de la PJ marseillaise, Christian Sainte.

Une première à la PJ

La mise en examen de ce grand flic, très influent, nommé par Manuel Valls en décembre 2013, est une première pour cette institution déjà ébranlée par plusieurs scandales. Il est soupçonné d'avoir renseigné, via des intermédiaires, l'ex-patron et fondateur du GIGN Christian Prouteau, avant sa garde à vue en octobre dans un dossier judiciaire.

Bernard Petit est mis en examen pour «violation du secret de l'instruction et révélation d'informations sur une instruction dans le but d'entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité», a précisé le parquet de Paris dans un communiqué. Son contrôle judiciaire lui interdit «d'entrer en contact avec l'ensemble des protagonistes du dossier» et «d'exercer les fonctions de police judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet».

L'ancien n°1 du GIGN impliqué

L'avocate de Bernard Petit s'est refusé à tout commentaire à l'issue de la comparution de son client devant les juges instructeurs. Son chef de cabinet, Richard Atlan, a été mis en examen des mêmes chefs et soumis au même contrôle judiciaire.

Les magistrats instructeurs ont également mis en examen un fonctionnaire détaché à l'association nationale d'action sociale au ministère de l'intérieur (ANAS), Philippe Lemaître. Celui-ci est soupçonné d'avoir été un intermédiaire dans les fuites, entre Bernard Petit et Richard Atlan d'une part, et l'ancien N.1 du GIGN, Christian Prouteau, de l'autre, pour fournir à celui-ci des renseignements avant son placement en garde à vue dans un dossier judiciaire.

Philippe Lemaître a été mis en examen des chefs de complicité de trafic d'influence, recel de violation du secret de l'instruction et recel de révélation d'informations sur une instruction en cours dans le but d'entraver le déroulement des investigations ou la manifestation de la vérité. Interpellé mercredi comme Bernard Petit, le président de l'Anas, l'ancien syndicaliste policier Jo Masanet, était toujours en garde à vue dans la nuit de jeudi à vendredi.

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