Pour renforcer la cohésion nationale, François Hollande mise sur le service civique

ANNONCES L'un des défis sera de trouver de nouvelles missions...

20 Minutes avec AFP
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Paris le 27 juin 2012. . Rassemblement sur le champ de Mars d'un millier de jeunes effectuant leur service civique volontaire. partout en France. Batucada geante.
Paris le 27 juin 2012. . Rassemblement sur le champ de Mars d'un millier de jeunes effectuant leur service civique volontaire. partout en France. Batucada geante. — A. GELEBART / 20 MINUTES

François Hollande, soucieux de renforcer la cohésion nationale, a annoncé jeudi sa volonté d'élargir le service civique à tout jeune volontaire qui en fera la demande à partir du 1er juin, sans toutefois chiffrer les moyens budgétaires alloués à cette ambition.

Alors que les attentats de janvier à Paris ont relancé le débat sur la manière de transmettre aux jeunes les valeurs de la République, le président de la République a d'emblée écarté l'idée d'un service civique obligatoire, défendu par certains à l'UMP et au sein même du PS.

«Si on devait aller vers un service civique obligatoire, le peuple devrait être consulté », a souligné le chef de l'État lors de sa conférence de presse à l'Élysée, proposant plutôt « un service civique universel ».

Concrètement, « tout jeune qui se présentera à partir du 1er juin de cette année pourra faire un service civique » de « huit mois », alors qu'actuellement il y a « quatre fois plus de demandes » que de missions proposées.

De 150.000 à 160.000 missions proposées

Cette ambition « va supposer de mettre toutes les collectivités, toutes les associations, tous les ministères en capacité de proposer 150.000 ou 160.000 missions dans un délai particulièrement court, enfin qui peut s'étaler sur plusieurs mois », a observé François Hollande.

Après les attentats, il avait déjà relevé son objectif pour le service civique (précédemment de 100.000), mais à l'horizon 2017.

Le service civique permet à des jeunes de 16 à 25 ans de s'engager pour six à douze mois dans des missions d'intérêt général auprès d'associations, de collectivités et établissements publics (écoles, hôpitaux...). Il donne droit à une indemnité mensuelle de 573 euros.

Le budget de 170 millions d'euros voté pour 2015 (dont 150 millions proviennent de l'État) doit permettre d'accueillir 45.000 jeunes, 10.000 de plus que l'an dernier.

«Challenge» de trouver des missions

Le président de l'Agence du service civique, François Chérèque, a récemment chiffré à 600 millions d'euros le budget nécessaire pour réaliser le nouvel objectif présidentiel.

Le chef de l'État n'a pas précisé les moyens budgétaires qui seront dégagés, se contentant d'affirmer que l'Agence du service civique serait « renforcée ».

L'été dernier, le gouvernement avait décidé d'augmenter ses crédits de 100 millions sur trois ans, pour les porter à 221 millions en 2017.

Les associations, qui étaient très hostiles à l'idée d'un service civique obligatoire, se sont réjouies des annonces du président. « Le service civique a fait ses preuves comme moyen de développer l'engagement civique et le brassage social », a réagi auprès de l'AFP Marie Trellu-Kane, présidente d'Unis-Cité, estimant que trouver les missions nécessaires dans un délai si court va représenter « un challenge ».

Nadia Bellaoui, présidente du Mouvement associatif, s'est également dite déterminée à « relever le défi ». « On est prêts dès demain à organiser en régions une capacité plus importante des associations à accueillir les jeunes, et à travailler avec les collectivités, les établissements publics, les parcs nationaux ».