Prix Sciences Factor: Comment les adolescents inventent notre futur

INNOVATION «20 Minutes» a rencontré les collégiens et lycéens qui ont remporté le concours…

Oihana Gabriel

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Ces élèves de sixième du Havre ont imaginé une cantine qui apprend à manger équilibré» Un projet récompensé par le concours Sciences Factor mercredi 4 février 2014.
Ces élèves de sixième du Havre ont imaginé une cantine qui apprend à manger équilibré» Un projet récompensé par le concours Sciences Factor mercredi 4 février 2014. — O. Gabriel/ 20Minutes

La fierté se lisait dans leurs yeux, mais pas question de les traiter de petits génies. Ce mercredi au ministère de l’Enseignement supérieur, des collégiens et lycéens venaient présenter leurs projets scientifiques. Et deux équipes, des sixièmes du Havre (Haute Normandie), l’autre des terminales venues de Villeneuve-d’Ascq (Nord) sont repartis avec le prix Sciences Factor, soit 250 euros pour chaque participant, mais surtout un accompagnement pour aider ces adolescents à construire un projet professionnel.

Une sonde pour mesurer la pollution au perchlorate

«Moi je n’étais pas forte en physique chimie…», avoue Alexia, 17 ans. «Il n'y a pas que les têtes de classes qui participent à ce concours», enchérit Charlotte, sa copine. Avec Aliette, blouses blanches et idées claires, ces trois jeunes filles de 17 ans ont pourtant de quoi impressionner. Leur projet? Construire une sonde embarquée dans une bouée pour mesurer la pollution de l’eau. «Une carte mémoire enregistre toutes les données, température, PH et l’envoie à nos ordinateurs, schématise Charlotte devant le prototype. Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est de construire un capteur spécial pour le perchlorate.» Un polluant, découvert récemment, susceptible de générer des dysfonctionnement hormonaux et des problèmes de croissance et de fertilité. «Dans notre région, il touche 1,3 million d’habitants notamment à cause des bombes datant de la Premier Guerre mondiale et des explosifs dans les mines», reprend Alexia.

Les trois jeunes chimistes voient plus loin que le concours. «On a lancé ce projet il y a deux ans et on a décidé de participer à ce concours en cours de route. Pour faire connaître nos recherches. On espère être publiées sur Planète Sciences et même participer à l’exposition cet été Expo-Sciences à Bruxelles», explique Aliette. L’expérience leur a permis de rencontrer des universitaires, de traduire des publications de l'anglais, de manipuler tubes à essai et fer à souder. «Mais on a aussi pris confiance en nous, reconnaît Charlotte. Nous avons appris à nous exprimer sans devenir toutes rouges ou balbutier.»

Alexia, Aliette et Charlotte ont mis au point une sonde pour mesurer la pollution de l'eau dans une bouée. Un projet récompensé par le concours Sciences Factor mercredi 4 février 2014. - O. Gabriel/ 20Minutes

 

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La «cantine qui apprend à manger équilibré»

Du côté des collégiens lauréats, l’ambition rime avec nutrition. Quatre élèves de sixième, venus du Havre, ont ainsi imaginé une carte, comportant certains critères (taille, poids, sexe, âge...), à lire dans une borne qui oriente les élèves vers des menus sains. Devant une maquette en Playmobil, Martin dévoile sur une tablette le prototype du logiciel: «L’élève a le choix entre trois entrées, trois plats, trois desserts. S’il clique sur salade et frites (chaque aliment affiche un nombre de calories), la case gruyère est barrée.» 

«On a rencontré une diététicienne, un informaticien, un cuisinier et ils nous ont dit que notre projet était réalisable. Même le principal de notre collègue est d’accord pour installer les bornes», s’enthousiasme Rémi. Avant de pouvoir tester cette «cantine qui apprend à manger équilibré», nom du projet, ces élèves vont retourner dans leur classe avec leur récompense. Des honneurs qui n’ont pas fait tourner la tête de ces apprentis scientifiques. Les trois lycéennes ont rendu hommage à leur enseignant de physique chimie, Stéphane Ramstein, en baptisant leur invention Aquastein. Et Charlotte de le remercier: «Sans vous, on ne serait pas là.»

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