Le patron de la PJ parisienne placé en garde à vue

ENQUETE Pour une affaire concernant Christophe Rocancourt...

M.P. avec AFP

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Bernard Petit, le 23 juin 2012, au tribunal de Bobigny.
Bernard Petit, le 23 juin 2012, au tribunal de Bobigny. — AFP

Nouveau scandale pour la PJ parisienne. Bernard Petit, le patron de la PJ, son directeur de cabinet ainsi que deux autres policiers ont été placés en garde à vue ce mardi dans le cadre d'une affaire de violation du secret de l'instruction.

Les quatre fonctionnaires sont entendus dans les locaux de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN, police des polices) pour des fuites dans un dossier d'instruction. lls sont soupçonnés d'avoir violé le secret d'une enquête impluiquant l'ancien chef du GIGN Christian Prouteau et «l'escroc des stars» Christophe Rocancourt. Ils auraient «renseigné» l'ex-patron du GIGN avant son interpellation début octobre, a-t-on appris de source proche du dossier. Il a été mis en examen, aux côtés de «l'escroc des stars» Christophe Rocancourt, dans une affaire d'escroquerie et de corruption présumées.

 

«Si au terme de ces gardes à vue, il apparaît que des manquements graves ont été commis par des policiers ou d'anciens policiers, je serai d'une fermeté absolue et je serai intraitable», a prévenu, le visage ferme, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, dans la cour de l'Élysée, à l'issue du conseil des ministres.

Il venait d'annoncer, sans plus de précisions, que «des policiers et des anciens policiers» avaient été placés en garde à vue par l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des «suspicions de fuites dans le cadre d'une enquête judiciaire».

Perquisitions au 36 quai des Orfèvres

Par ailleurs, le Figaro précise que le 36 quai des Orfèvres a été perquisitionné ce mardi matin.

Outre Bernard Petit et son directeur de cabinet, les autres personnes entendues sont Joaquin Masanet, syndicaliste policier à la retraite, proche de la gauche et actuel président de l'Association nationale d'action sociale (Anas) des personnels de la place Beauvau, ainsi qu'un autre membre de cette organisation.

Bernard Petit a été nommé à ce poste prestigieux en décembre 2013 en remplacement de Christian Flaesh, démis en raison de «faute déontologique». Le fonctionnaire avait en effet prévenu Brice Hortefeux de sa future audition dans le cadre de l'enquête sur un présumé financement libyen de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy.

L'enquête en question est un dossier de corruption impliquant Christophe Rocancourt, mis en examen en octobre et écroué notamment pour escroquerie, trafic d'influence actif et blanchiment de fraude fiscale. Sa compagne, l'un de ses avocats Me Marcel Ceccaldi, le fondateur du GIGN Christian Prouteau, un notaire et l'ex-secrétaire d'État socialiste Kofi Yamgnane sont également mis en examen dans cette affaire. Dans ce dossier, les juges soupçonnent l'«escroc des stars» d'avoir tenté, contre paiement, de faire régulariser des sans-papiers.

Enième scandale à la PJ

De très nombreux contacts téléphoniques ont été repérés par les enquêteurs la veille et le lendemain de la garde à vue de Christian Prouteau entre l'ex-gendarme d'élite, d'une part, et Bernard Petit, Richard Atlan, Joaquin Masanet et un proche de ce dernier, d'autre part.

Des perquisitions ont été menées à l'Anas et au 36 quai des Orfèvres, mythique siège de la PJ parisienne, déjà secoué ces derniers mois par plusieurs scandales. En juillet, 52 kg de cocaïne y ont été volés et jamais retrouvés, même si les soupçons se portent sur un ex-membre de la brigade des stupéfiants.

Une autre affaire avait déjà entaché l'image du «36» en avril, lorsqu'une touriste canadienne avait porté plainte, affirmant y avoir été violée. Deux policiers de l'antigang ont été mis en examen pour viol en réunion.