Nice: Qui est Moussa Coulibaly, l’homme qui a agressé les militaires?

PORTRAIT Ce petit délinquant avait été repéré récemment par la DGSI...

Maud Pierron

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Un soldat sur les lieux où ont été agressés, à Nice, trois militaires, le 3 février 2015
Un soldat sur les lieux où ont été agressés, à Nice, trois militaires, le 3 février 2015 — Valery Hache AFP

Mardi après-midi, un homme a agressé au couteau trois militaires en faction devant un centre juif de Nice. Immédiatement, le suspect a été interpellé. Il s’agit d’un trentenaire qui avait été repéré par la DGSI notamment parce qu’il avait voulu entrer en Turquie. 20 Minutes fait le point sur son profil.

Originaire de région parisienne

Agé de 30 ans, le suspect s’appelle Moussa Coulibaly mais il n’a «a priori» aucun lien avec Amédy Coulibaly, qui a tué une policière à Montrouge et quatre personnes dans le magasin juif de la porte de Vincennes. Il est originaire de région parisienne, du quartier du Val-Fourré. Aux dernières nouvelles, il avait ouvert en 2012 un commerce de pièces automobiles. Une amie d’enfance, Awa, l’a décrit ainsi: «C'est quelqu'un très gentil, très aimable, poli, à l'écoute, qui te respecte». Et d’ajouter: «Il va à la mosquée, il rentre chez lui, comme tout le monde» mais n’a «jamais» parlé de la guerre en Syrie ou de partir faire le djihad.

Un petit délinquant

Vol, outrage, rébellion, usage de stupéfiants: Moussa Coulibaly présente un CV fourni. Il a été condamné cinq fois entre 2006 et 2009, à chaque fois à Mulhouse où il a dû vivre, affirme Le Parisien, sans toutefois aller en détention, écopant de sursis ou d’amende.

Un homme qui s’est radicalisé récemment

Il est repéré mi-décembre par les renseignements territoriaux pour «son prosélytisme agressif», selon une source proche du dossier. En fait, son comportement dans sa salle de sport de Mantes-la-Jolie vis-à-vis des femmes, et ses reproches aux hommes qui prenaient leurs douches nus, interpelle, précise Le Parisien. Il fréquentait la mosquée de Trappes. Moussa Coulibaly est suivi de loin en loin mais semble avoir quitté la région parisienne fin janvier.

Un homme repéré par la DGSI

Sa trace réapparaît le 27 janvier lorsqu’il achète à Ajaccio un aller simple pour la Turquie, en passant par Nice et Rome. Là, l’agence le signale et Bernard Cazeneuve a expliqué la suite mardi soir à Nice: «Ce personnage avait donné des signes de radicalisation, le renseignement territorial l'avait détecté, ses déplacements vers le Turquie avaient été suivis et nous avions demandé son retour en France. À son retour en France, il a été auditionné par la DGSI mais il n'avait montré aucun signe de passage à l'acte.»

Avec les marginaux à Nice

Interrogé par la DGSI à son retour immédiat de Turquie, il n’explique pas les raisons de son départ en Turquie. Il dit vouloir retourner en Corse où vit sa petite amie mais reste en fait à Nice. Ce qui lui vaut d’être suivi par les renseignements. Pendant quelques jours, il reste dans un hôtel près de la gare, traîne avec des marginaux et boit beaucoup. «La surveillance de son environnement se poursuivait pour comprendre ce qu'il faisait à Nice, alors qu'il y était ici sans racines et sans contacts», a expliqué Bernard Cazeneuve mardi soir.

Le point sur l’enquête

La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête. Peu après l’interpellation de Moussa Coulibaly, un deuxième homme a été interpellé. Il s’agit d’un homme de 43 ans, né au Tchad, avec qui Moussa Coulibaly a été contrôlé et verbalisé dans le tramway de Nice peu avant l’agression. Par ailleurs dans la soirée, la police a perquisitionné son domicile dans un immeuble de huit étages du Val-Fourré, un quartier sensible de Mantes-la-Jolie (Yvelines). Sa mère et une soeur, en pleurs, ainsi qu'un frère de Moussa Coulibaly ont été emmenés par des policiers, vraisemblablement pour être entendus.