Hébergement des sans-abri: Le gouvernement veut des alternatives à l'hôtel

LOGEMENT Sylvia Pinel a annoncé que l'Etat allait réorienter 105 millions d'euros en trois ans de l'hôtel vers des solutions alternatives mieux adaptées...

20 Minutes avec AFP

— 

Sylvia Pinel à Paris le 12 mars 2014.
Sylvia Pinel à Paris le 12 mars 2014. — WITT/SIPA

Ne plus laisser trop longtemps les familles sans abri dans des hôtels mais leur offrir des solutions alternatives et leur permettre d'accéder à un logement: c'est ce qu'a promis mardi la ministre du Logement Sylvia Pinel d'ici trois ans.

Invitée à la présentation du 20e rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal-logement, qu'elle a qualifié de « marqueur essentiel de la situation du logement en France », Sylvia Pinel a annoncé que l'Etat allait réorienter 105 millions d'euros en trois ans de l'hôtel vers des solutions alternatives mieux adaptées.

L'intermédiation locative

De nombreuses familles sans abri sont hébergées chaque soir dans les hôtels, notamment en région parisienne. Près de 40.000 nuitées hôtelières ont été recensées dans toute la France en 2014.

« Ces solutions d'hébergement d'urgence ne sont pas adaptées aux besoin des familles », a-t-elle assuré. « Le recours à l'hôtel doit devenir une exception ».

Insécurité alimentaire, décrochage scolaire, conditions d'hygiène déplorables, difficultés accrues pour accéder à l'emploi: le recours à l'hôtel a des conséquences néfastes pour ces familles, a révélé en 2014 le Samu social de Paris.

Pour remplacer ces nuitées hôtelières, le gouvernement prévoit, d'ici 2017, de créer 13.000 places dans des dispositifs alternatifs « réellement capables de répondre aux difficultés des personnes accueillies », en réorientant pour cela « les crédits destinés à financer 10.000 nouvelles nuitées hôtelières », soit 66 millions d'euros sur trois ans.

«Effet de substitution»

Cela passera par 9.000 places en intermédiation locative (avec des dispositifs comme Solibail), 1.500 places en pensions de familles ou maisons-relais et 2.500 places d'hébergement dans des centres dédiés aux familles ou dans des logements sociaux vacants.

L'intermédiation locative permet de louer à moindre coût des logements vides dans le parc privé, via une association qui garantie aux propriétaires le loyer et la remise en état de leur appartement.

De même, le gouvernement réorientera 38,7 millions d'euros sur trois ans pour proposer des prises en charge alternatives, dans « des structures spécialisées », aux 6.000 demandeurs d'asile actuellement hébergés à l'hôtel.

Cet « effet de substitution » d'un dispositif à un autre « est possible dans la mesure où les dispositifs alternatifs coûtent globalement moins chers que les nuitées hôtelières », précise le ministère. Le coût moyen quotidien d'une place à l'hôtel s'établit à 17 euros, contre 6,65 euros pour l'intermédiation locative, 15 euros pour le logement adapté.