Nice: Que s’est-il passé devant un centre juif ce mardi?

SOCIETE Toutes les questions-réponses après l’agression de trois militaires à Nice ce mardi…

Anne-Laëtitia Béraud avec AFP

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Un policier relève des indices à l'endroit où un homme a attaqué des militaires, le 3 février 2015 à Nice.
Un policier relève des indices à l'endroit où un homme a attaqué des militaires, le 3 février 2015 à Nice. — Lionel Cironneau/AP/SIPA

Trois militaires en faction devant un centre communautaire juif à Nice ont été agressés au couteau dans le centre-ville mardi après-midi par un homme interpellé dans la foulée. La section antiterroriste du parquet de Paris s'est saisie de l'enquête. 20 Minutes dresse les principales questions-réponses liées à cet événement, ce mardi après-midi.

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Que s’est-il passé à Nice ?

«Un peu après 14H00, alors que trois militaires étaient en faction devant un site israélite (...), un individu, qui passait sur le trottoir a alors agressé violemment avec un grand couteau l'un des soldats, visant son visage ou son cou», a-t-on indiqué à l'AFP de source policière.

Ce soldat a été blessé à une joue, une «blessure apparemment profonde mais sans gravité», et un autre militaire a été atteint au bras en maîtrisant l'individu, connu des services de police pour des faits assez anciens, a-t-on ajouté de même source. Le troisième soldat n'a quant à lui pas été blessé.

 

Les militaires assuraient la sécurité dans le cadre du plan Vigipirate devant un immeuble abritant le Consistoire israélite de Nice, Radio Shalom et une association israélite.

Selon un communiqué du maire UMP de la ville, Christian Estrosi, l'agresseur a été interpellé grâce aussi à l'intervention d'un commerçant, d'un agent de la régie des transports locaux et des membres de la police nationale et municipale.

Comment vont les militaires?

Les militaires ont été pris en charge par les services de secours sur le lieu de l'agression, avenue Jean Médecin, à proximité de la place Masséna, a constaté un correspondant de l'AFP. Leur pronostic vital n'est pas engagé.

Qui est l’agresseur?

Selon plusieurs sources proches de l'enquête, l'homme interpellé s'appellerait Moussa Coulibaly mais n'aurait «a priori» aucun lien avec Amédy Coulibaly, un des auteurs des attentats de Paris en début d'année. L’homme avait deux couteaux sur lui, mais n'en a utilisé apparemment qu'un, a précisé le premier adjoint de Christian Estrosi à la mairie de Nice, Philippe Pradal, qui s'est rendu sur place après les faits.

D’où venait cet homme?

L'agresseur a «été refoulé la semaine dernière par les autorités turques» et a été «entendu à son retour par la DGSI», a-t-on appris de source proche de l'enquête. «Cet homme avait attiré l'attention de la police aux Frontières (PAF) à Ajaccio le 28 janvier car il avait pris un aller simple pour la Turquie. Il a donc été signalé sans délai par la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure, ndlr) aux autorités turques qui l'ont refoulé», a expliqué cette source.

«A son retour, il a été entendu par la DGSI mais son entretien administratif n'a pas permis de recueillir d'informations suffisantes pour judiciariser son dossier», a-t-elle ajouté.

La police le connaît-elle?

Cet agresseur est «âgé d'une trentaine d'années et originaire de la région parisienne, est très défavorablement connu des services de police», ont déclaré dans un communiqué commun les ministres de l'Intérieur et de la Défense. Selon une source proche du dossier, il est connu pour des faits de violences sur personne dépositaire de l'autorité publique et vols aggravés.

Et l’autre personne interpellée ?

Un deuxième homme a été interpellé mardi, mais pour le moment, peu d’informations ont filtré. «Une deuxième personne a été interpellée et des vérifications sont en cours», a indiqué une source proche de l'enquête. L'agresseur des militaires aurait été vu avec ce deuxième individu avant les faits, mais pas au moment de l'acte.

Les principales réactions

Jean-Yves Le Drian (Défense) et Bernard Cazeneuve (Intérieur) «condamnent avec la plus grande fermeté cette attaque commise contre les forces armées». Ils «adressent leurs voeux de rétablissement aux soldats lâchement blessés et réitèrent leur détermination à assurer la protection de notre territoire et de nos compatriotes».

«Agression de militaires à #Nice06: c'est un symbole de la République qui est attaqué, toute ma solidarité à nos soldats», a aussi réagi sur Twitter le député UMP et président du Conseil général des Alpes-Maritimes Eric Ciotti.