Enfermé, un autiste s'était défenestré: Sa mère reconnaît des «torts»

FAITS DIVERS L’enfant s’était défenestré le 7 novembre 2007 …

20 Minutes avec AFP

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Illustration de la justice.
Illustration de la justice. — Josef Horazny/

Laurmand, 16 ans et atteint d'un autisme sévère, s'était défenestré en 2007 après avoir été enfermé à clef pendant trois jours: Sa mère, jugée depuis mardi avec son compagnon, a reconnu avoir «négligé la maladie» de son fils.

Les deux accusés, qui comparaissent devant la cour d'assises de l'Essonne pour «délaissement de personne hors d'état de se protéger ayant entraîné sa mort», encourent 20 ans de réclusion criminelle. Le verdict est attendu jeudi.

La mère, âgée de 48 ans et qui assurait lors de l'instruction ne pas comprendre pourquoi elle était poursuivie pour ce qu'elle considérait être un simple «suicide», a reconnu ses «torts» au premier jour d'audience.

Enfant calme

«Avec le recul, j'ai compris que je n'aurais pas dû le laisser seul. J'ai négligé ses soins, j'ai négligé à quel point il était malade», a-t-elle répondu à l'avocat général, sans jamais prononcer le prénom de son fils.

«Je ne savais même pas qu'il était vraiment autiste», s'est défendu pour sa part son beau-père, cuisinier à l'aéroport d'Orly, encore «abattu par cette histoire».

«Un enfant autiste, ça crie, ça bouge dans tous les sens. Lui était très calme, ne parlait pas», a-t-il justifié. «Si j'avais su, j'aurais cherché plus de solutions, et peut-être qu'on ne serait pas parti sans lui».

Mère partie chez des amis

Le 7 novembre 2007 au matin, le corps de l'adolescent est retrouvé par une habitante du quartier, au pied de son immeuble de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). Personne, dans le voisinage, ne le connaît.

Sept étages plus haut, la fenêtre d'un des appartements est ouverte. Contactée, la mère du jeune homme explique aux policiers se trouver chez des amis à Evreux, à 120 km de là, et avoir laissé son fils seul dans l'appartement.

Elle leur assure que son fils est «autonome», qu'il n'a aucune tendance suicidaire, et souffre seulement «un peu d'oublis».

L'attestation médicale retrouvée au domicile, indiquant que Laurmand a besoin de «la présence constante d'une personne auprès de lui» et «ne peut réaliser les actes de la vie quotidienne seul», ne concerne pas son fils mais celui de sa cousine, assure-t-elle, toutefois incapable de donner l'adresse.

Traitement arrêté en juin 2007

Le beau-père de l'adolescent reconnaît que lui et sa compagne ont pris l'habitude d'enfermer le garçon autiste, incapable de parler ni d'ouvrir une porte, faisant ses besoins sur lui.

Laurmand était sous leur responsabilité depuis trois ans, après son retour en 2004 du Congo, où il vivait chez sa grand-mère maternelle depuis 1996. Son suivi médical et son traitement avaient été interrompus, sans motif, par sa mère en juin 2007.