Près de 13.500 Roms ont été expulsés de leurs campements en 2014, selon un rapport associatif

SOCIETE Ce chiffre est en nette baisse par rapport à 2013…

20 Minutes avec AFP

— 

Une famille rom évacuée de son campement le 5 mars 2014 à Lyon
Une famille rom évacuée de son campement le 5 mars 2014 à Lyon — Jeff Pachoud AFP

Près de 13.500 Roms ont été expulsés de leurs campements en 2014, un chiffre en nette baisse par rapport à 2013 mais qui représente toutefois «80% de la population vivant dans des bidonvilles», selon un rapport publié mardi par deux associations.

Au total, «13.483 personnes roms ou désignées comme telles» ont été expulsées par les autorités de 138 lieux de vie différents, indiquent la Ligue de Droits de l'Homme (LDH) et l'European Roma Rights Center (ERRC) dans leur rapport.

«Expulsion de près de trois lieux de vie par semaine»

De plus, 966 personnes se sont retrouvées en situation de sans-abri après 17 incendies, ajoute le rapport, qui élabore son rapport sur la base de données recueillies dans les médias et auprès des associations.

«En d'autres termes, les autorités françaises ont expulsé près de trois lieux de vie par semaine», ajoutent les associations, selon lesquelles «cette politique illégale et coûteuse viole le droit international et le droit de l'Union européenne réglementant les évacuations forcées».

Les associations soulignent que le bilan de 2014 est inférieur à celui de 2013, qui s'était soldé par 19.380 évacuations. Ce total représente toutefois «près de 80% de la population totale vivant dans des bidonvilles».

Bidonvilles

«En d'autres termes, quatre personnes vivant dans un bidonville sur cinq ont été expulsées en 2014. Cette proportion est inacceptable», estime le rapport.

Les associations soulignent aussi le «traitement inégal des bidonvilles sur le territoire», certaines régions expulsant «massivement les personnes vivant dans des bidonvilles tandis que d'autres offrent un climat plus apaisé».

Jugeant que «la politique d'expulsion entrave tous les efforts d'intégration, accroît la vulnérabilité desRoms et les marginalise toujours plus», la LDH et l'ERRC appellent le gouvernement «à cesser toutes les expulsions puis à fournir des solutions alternatives de relogement sérieuses et durables».

«L'ERRC et la LDH espèrent que les autorités françaises modifieront leur politique d'expulsion, inutile et déshumanisante, en 2015 et concentreront leur énergie et leurs ressources vers des politiques d'intégration globales», ajoutent-elles.