Deux bombardiers russes interceptés par le Royaume-Uni au dessus de la Manche

MONDE Un rafale français aurait également décollé...

M.P.

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Photo d'un bombardier russe TU-95 prise le 22 août dans le ciel japonais diffusée par le ministère japonais de la défense.
Photo d'un bombardier russe TU-95 prise le 22 août dans le ciel japonais diffusée par le ministère japonais de la défense. — AFP

Un petit air de guerre froide dans le ciel européen? Un mouvement de crispation, a minima, pour trois armées européennes, en tout cas. Mercredi dernier, deux bombardiers russes, susceptibles de transporter des ogives nucléaires, ont mis en émoi les armées britanniques, françaises et norvégiennes, fait valoir Ouest-France.

Des avions de ligne détournés

En effet, mercredi dernier, les médias britanniques ont rapporté que deux TU-95, des bombardiers lourds lanceurs de missiles russes ont été repérés au large de la Norvège. Plusieurs avions F-16 norvégiens ont alors décollé pour vérifier que cette flotte ne violait pas l'espace aérien norvégien.

Les bombardiers ont poursuivi leur route vers la Manche, à une proche distance des côtes britanniques, une quarantaine de kilomètres. Une intrusion qui n'avait pas été annoncée dans les plans de vols alors que les transpondeurs, qui permettent d'être repérés par l'aviation civile, étaient débranchés. Du coup, des avions civils ont été détournés de la zone par précaution et des chasseurs britanniques ont intercepté les deux bombardiers, rapporte le Daily Mail, d'autant que ces bombardiers TU-95 sont censés transporter des ogives nucléaires. Au même moment, rapportait Normandie-Actu, un rafale a décollé de la base aérienne de Creil et a franchi le mur du son près du Havre, ce qui pourrait être lié à cet incident, selon l'hebdomadaire. Le ministère de la défense, contacté par la parution régionale, n'a ni confirmé, ni infirmé.

Regain de tension avec la Russie

Cette intrusion n'a en tout cas été apprécié par Londres qui a convoqué l'ambassadeur russe, qui n'a pas donné d'information, selon le Financial Times. D'après le Foreign Office, cet incident illustre «l'augmentation croissante des opérations hors-zone des avions russes». Le porte-parole a confirmé que les bombardiers n'étaient pas entrés dans la zone aérienne britannique mais dans sa zone d'intérêt, ce qui a provoqué le détournement de plusieurs avions de ligne.

Des experts cités par le quotidien britannique estiment que cette intrusion pourrait être considérée comme une agression et une manœuvre pour vérifier la rapidité d"intervention de la Royal Air Force.

Ce qui est sûr, c'est que les intrusions des avions russes dans l'espace aérien de l'Otan se multiplient ces derniers mois alors que l'UE a pris des mesures drastiques contre la Russie après l'agression russe dans l'est de l'Ukraine.