Vol de cocaine à la PJ: Trois policiers devant les juges

DROGUE Les investigations sur ce vol inédit semble s'accélérer...

20 Minutes avec AFP

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Illustration de trafic de cocaïne.
Illustration de trafic de cocaïne. — Martin Mejia/AP/SIPA

Des policiers qui arrêtent d'autres policers. C'est rare mais cela arrive. Trois fonctionnaires interpellés cette semaine par leurs collègues ont été déférés samedi, à l'issue de leur garde à vue, devant les juges enquêtant sur le vol de 52 kg de cocaïne en juillet à la PJ de Paris, a indiqué à l'AFP une source judiciaire.

Six personnes mises en examen

Au total, six personnes sont à ce jour mises en examen, dont l'ex-membre de la brigade des stupéfiants de Paris Jonathan G., toujours soupçonné d'avoir dérobé la précieuse poudre.

Des trois fonctionnaires de police déférés samedi, l'un est un membre de la brigade des «Stups'». Les deux autres étaient en poste dans le 19e arrondissement de Paris. Le parquet de Paris requiert le placement d'un de ces deux derniers en détention provisoire, et des contrôles judiciaires pour les deux autres, selon la source judiciaire.

La drogue jamais retrouvée

D'une valeur estimée à la revente à deux millions d'euros, la cocaïne était entreposée au fameux 36, quai des Orfèvres, dans une salle des scellés où s'était rendu Jonathan G. « sous des prétextes futiles» avant le vol perpétré dans la nuit du 24 au 25 juillet. Cette nuit-là, une policière l'avait vu sortir du « 36 » avec des sacs pleins à ras bord.

L'ex-brigadier avait été arrêté peu après, mis en examen, puis finalement écroué le 6 août. La drogue n'a jamais été retrouvée.

Un train de vie suspect

Les investigations avaient notamment visé le train de vie du principal suspect. Une enquête financière avait révélé un « patrimoine immobilier » et des « mouvements de fonds » peu «en rapport avec un salaire de brigadier», selon des sources policières. Les enquêteurs de la «police des polices» tentent notamment de déterminer si d'autres vols n'ont pas été commis avant celui de l'été dernier.

Alors que l'ex-brigadier refusait de s'expliquer sur les faits qui lui étaient reprochés, des sources policières avaient fait état du sentiment des enquêteurs que cet homme avait «sans doute partie liée avec le milieu».