Cantal: Un exploitant forestier condamné pour traite d'êtres humains

JUSTICE Ce Franco-Marocain de 45 ans avait séquestré, extorqué et réduit quasiment en esclavage deux jeunes hommes venus de son village natal au Maroc...

M.C. avec AFP

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Illustration: La balance de la justice.
Illustration: La balance de la justice. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Un exploitant forestier a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel d'Aurillac (Cantal) à trois ans de prison, dont un an de sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans, pour traite d'êtres humains.

Ce Franco-Marocain de 45 ans avait séquestré, extorqué et réduit quasiment en esclavage deux jeunes hommes venus de son village natal au Maroc. Le fils du quadragénaire, qui comparaissait pour complicité d'enlèvement et d'extorsion avec violence, a écopé pour sa part d'un an de prison avec sursis.

Dix heures par jour, sept jours par semaine à l'arrache de la gentiane

L'affaire débute en mars 2014 lorsque les deux hommes font venir du Maroc deux jeunes désireux de travailler en France, moyennant la somme de 7.000 euros chacun. Mais à leur arrivée dans le Cantal, les deux jeunes, âgées de 21 et 22 ans, se voient confisquer leur passeport.

Assistés d'un interprète, ils ont affirmé à la barre avoir travaillé dix heures par jour à l'arrache de la gentiane, tous les jours de la semaine, sans être payés pendant un mois. Le salaire viré sur leur compte est immédiatement reversé à leur employeur. Logés dans des conditions indignes dans un studio à Aurillac, les jeunes travailleurs subissent par ailleurs violences, intimidations et chantage.

Signalement de l'hôpital d'Aurillac

Une version niée par l'exploitant forestier. «Ils ne voulaient pas travailler. Il fallait bien quand même qu'ils me remboursent les frais d'avion, d'immigration et les charges de l'appartement», s'est emporté le prévenu.

Après un signalement de l'hôpital d'Aurillac où les victimes s'étaient plaintes lors d'une consultation, une enquête est ouverte en août par les gendarmes. Un autre signalement émanant de proches de l'une des familles marocaines avait aussi alerté les enquêteurs sur leur calvaire. Le prévenu, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, a été immédiatement incarcéré.