Metz: Trois mois de sursis requis pour deux médecins après la mort d'un nouveau-né

SANTE Deux médecins d'une clinique privée de Metz étaient jugés pour homicide involontaire sur un nouveau-né mort en 2005 d'une infection bactérienne...

20 Minutes avec AFP

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Nantes le 04/01/2012 Nouveau né dans une maternité
Nantes le 04/01/2012 Nouveau né dans une maternité — © Fabrice ELSNER

Trois mois de prison avec sursis et 2.000 euros d'amende ont été requis mardi à l'encontre de deux médecins d'une clinique privée de Metz, jugés pour homicide involontaire sur un nouveau-né mort en 2005 d'une infection bactérienne.

Décision le 10 mars

Il est «effrayant» d'invoquer «la faute à pas de chance» dans cette affaire, comme l'a fait l'un des deux prévenus à la barre, a fustigé le représentant du ministère public au tribunal correctionnel de Metz. «Les parents n'ont pas de haine» à l'égard des deux médecins, «ils veulent simplement entendre qu'ils ont commis une faute et que cette faute soit assumée» a fait valoir leur avocat Me Redouane Saoudi, réclamant par ailleurs 40.000 euros d'intérêts civils pour chaque parent et 15.000 euros pour chacun des grands-parents. Les avocats des deux praticiens ont plaidé la relaxe. Le jugement a été mis en délibéré au 10 mars.

Des rapports d'experts médico-légaux ont conclu à des «négligences»

Le 4 août 2005, un mois et demi après sa naissance, Lyna était morte d'une infection générale et méningée à streptocoques du groupe B (SGB), maladie dont sa mère avait souffert dans les jours après son accouchement à l'hôpital-clinique Claude-Bernard de Metz. Différents rapports d'experts médico-légaux ont conclu à des «négligences» dans la prise en charge de l'enfant, ayant entraîné une «indiscutable perte de chance de survie».

«Je ne me sens pas responsable»

Il est notamment reproché à une gynécologue-obstétricienne de 51 ans de n'avoir pas procédé à un dépistage vaginal du SGB sur la mère pendant sa grossesse, contrairement à une recommandation datant de 2001 de l'Anaes, devenue depuis la Haute Autorité de santé. Une fois la septicémie de la mère avérée, la gynécologue-obstétricienne aurait également négligé d'assurer la transmission et la traçabilité de cette information au service de néonatalogie qui s'occupait du nourrisson.

Le deuxième prévenu, un pédiatre néo-natalogiste de 67 ans, est poursuivi pour n'avoir pas effectué un bilan bactériologique complet sur Lyna, contrairement à une autre recommandation de l'Anaes, et de n'avoir, par conséquent, pas ordonné un traitement antiobiotique suffisant. «Je ne me sens pas responsable», a-t-il déclaré. Car selon lui, quand il avait pris en charge le bébé quelques jours après sa naissance, celui-ci ne présentait pas de symptômes de la maladie, contrairement aux conclusions des experts médico-légaux.