VIDEO. Opération anti-djihadiste à Lunel: Qui sont les cinq gardés à vue?

JUSTICE Un coup de filet a eu lieu mardi matin dans les milieux islamistes de la ville de l’Hérault…

Claire Planchard

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Le centre-ville de Lunel (Hérault) le 27 janvier 2015. Lancer le diaporama
Le centre-ville de Lunel (Hérault) le 27 janvier 2015. — AFP PHOTO / SYLVAIN THOMAS

Le profil des cinq personnes interpellées ce mardi matin à Lunel (Hérault) se précise. Les personnes gardées à vue sont «suspectées de participation active à une filière djihadiste qui a endoctriné des jeunes et aidé «depuis un an plus de dix d’entre eux à quitter Lunel pour la Syrie où ils ont rejoint les rangs de l’organisation Daesh», a précisé ce mardi matin le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve lors d’un point presse.

Parmi ces proches de jeunes gens partis faire le djihad en Syrie, deux sont eux-mêmes soupçonnés d'être partis en Syrie. Les trois autres sont soupçonnés d'être des candidats au djihad, selon une source proche du dossier. Parmi les cinq, deux ont perdu un ou des frères dans les combats.

«Une filière particulièrement dangereuse et structurée»

Les gardés à vue sont âgés de 44 ans, 35 ans, 31 ans, 26 ans pour deux d'entre elles, a indiqué le ministre. Une source proche du dossier a par ailleurs précisé à l’AFP que l'un tient un bar à Chicha à Lunel.

Les gardes à vue se déroulent dans le cadre d'une information judiciaire dont sont saisis les magistrats antiterroristes à Paris, a précisé une source judiciaire. Si l’implication soupçonnée est confirmée par l’autorité judiciaire «c’est une filière particulièrement dangereuse et structurée» qui aura été démantelée a indiqué Bernard Cazeneuve.

A Lunel, commune de 26.000 habitants, une vingtaine de jeunes entre 18 ans et 30 ans sont partis pour la Syrie depuis octobre et six ont trouvé la mort, selon les autorités françaises.

«C'est un début de réponse qui arrive»

Les policiers du Raid sont intervenus peu après 6h, notamment dans un quartier situé non loin de l'église de Lunel, qui avait été totalement bouclé.

L'opération s'est prolongée pendant la matinée et aurait également visé des petites communes voisines, situées dans le Gard, a indiqué encore une source proche du dossier.

«Plusieurs voitures banalisées sont arrivées. Des hommes en sont sortis encagoulés et ont défoncé les portes des appartements de l'immeuble», a relaté à l'AFP un habitant de l'immeuble qui dit avoir été lui-même menacé. «On m'a mis un fusil sur la tempe (... ) Finalement ils ont interpellé le voisin du dessus, Saïd», a-t-il indiqué précisant «ne pas connaître son voisin plus que ça».

«Quand ils viennent, ils savent qui ils viennent chercher (...). L'opération me paraît logique: derrière ces départs, il faut savoir qui il y a. Est-ce qu'il y a quelque chose d'organisé? Combien sont-ils? (...) Avec l'opération de ce matin, c'est un début de réponse qui arrive», a commenté le maire (DVD) de Lunel, Claude Arnaud, sur France Info.