Evasion à la Kalachnikov: Les frères Houmani condamnés à 5 et 7 ans de prison

JUSTICE Ils sont considérés comme des caïds de la drogue de Seine-Saint-Denis...

20 Minutes avec AFP

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Photographie prise le 30 janvier 2012 d'une Kalachnikov saisie à Marseille.
Photographie prise le 30 janvier 2012 d'une Kalachnikov saisie à Marseille. — AFP PHOTO / BORIS HORVAT

Le tribunal correctionnel de Bobigny a condamné vendredi à sept ans de prison un caïd de la drogue de Seine-Saint-Denis, Djamel Houmani, déclaré coupable d'évasion après l'attaque à la kalachnikov de son escorte policière, tombée dans un guet-apens en 2009.

Le tribunal a par ailleurs condamné à cinq ans de prison le frère aîné du prévenu, Hamid Houmani, accusé d'avoir participé à l'organisation de l'attaque, et à six ans d'emprisonnement l'un de ses amis d'enfance, jugé pour avoir fourni la kalachnikov utilisée le soir des faits.

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Ces peines, prononcées dans une salle comble, dans laquelle avaient pris place de nombreux policiers, sont supérieures aux réquisitions du parquet, qui avait réclamé six ans de prison contre Djamel Houmani, et trois et cinq ans contre ses coprévenus.

Cavale de 10 minutes

Le 17 mai 2009, le fourgon de police qui le transportait avait été bloqué par deux voitures à l'entrée de l'autoroute A86, alors qu'il se rendait à l'hôpital. La fourgonnette avait alors essuyé des tirs de kalachnikov, sans qu'il y ait eu de blessé.

Profitant de la confusion, Djamel Houmani s'était échappé et avait pris la fuite, menotté, sous les rafales. Sa cavale n'avait toutefois duré que 10 minutes: les policiers l'avaient interpellé quelques dizaines de mètres plus loin, laissant les agresseurs prendre la fuite.

Pour les enquêteurs, l'implication de Djamel Houmani dans le guet-apens ne fait guère de doute. Le prévenu aurait ainsi simulé un malaise, le soir des faits, pour se faire conduire à l'hôpital et aurait eu un comportement suspect lors de l'attaque, en refusant de se coucher au sol.

«Le mobile, c'est zéro»

Pour ses avocats, le jeune homme n'avait toutefois aucun intérêt à s'évader, alors qu'il était en simple garde à vue. «Le mobile, c'est zéro», avait assuré lors de l'audience le 10 décembre Eric Dupond-Moretti, pour qui le prévenu ne pouvait pas «communiquer avec l'extérieur». Les avocats de la défense ont annoncé leur intention de faire appel de ce jugement.

Considéré par les policiers comme l'un des principaux trafiquants de drogue du 93, Djamel Houmani est actuellement incarcéré avec son frère Hamid pour trafic de stupéfiants. Les deux frères sont également connus pour des faits de vols à main armée.