Bygmalion: Philippe Briand, ex-trésorier de la campagne de Sarkozy, au cœur de la tourmente

JUSTICE Au coeur des questions budgétaires de la campagne du candidat UMP en 2012, Philippe Briand se prépare à répondre à la justice…

Anne-Laëtitia Béraud

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Les députés UMP Philippe Briand (à gauche) et Jean-François Copé, le 10 juin 2014 à l'Assemblée nationale.
Les députés UMP Philippe Briand (à gauche) et Jean-François Copé, le 10 juin 2014 à l'Assemblée nationale. — LCHAM/SIPA

Dans le cadre de l’affaire Bygmalion, le bureau de l’Assemblée nationale a levé mercredi l'immunité parlementaire du député UMP Philippe Briand, l'ancien trésorier de la campagne 2012 de Nicolas Sarkozy. 

Les juges enquêtent sur un système de fausses factures, évaluées à de 18,5 millions d'euros, imputées frauduleusement à l'UMP pour que le budget de la campagne présidentielle ne dépasse pas le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros.

>> Diaporama : Les hommes de l’affaire Bygmalion

 

La levée de cette immunité a été demandée par le député-maire de Saint-Cyr. Sa mise en examen pourrait intervenir rapidement. Pour sa défense, Philippe Briand expliquait à La Nouvelle République en octobre 2014 que «comme trésorier, j'étais chargé de faire rentrer les sous, de tenir le tableau de bord de la campagne au jour le jour et d'effectuer les paiements. Je n'ai fait que du propre, sans tricher.» 

Ancien chiraquien réputé proche d’Alain Juppé, Philippe Briand, 54 ans, est chef d’entreprise et assureur selon sa fiche parlementaire. Elu député d’Indre-et-Loire en 1993, il a été constamment réélu depuis lors. Questeur de l’Assemblée nationale, il participe notamment à la gestion du budget de l'Assemblée. Il a été par ailleurs secrétaire d’Etat chargé de l’Aménagement du territoire pendant deux semaines en 2004, sous le gouvernement Raffarin III.

>> La levée de l’immunité de Jérôme Lavrilleux, l’ancien bras droit de Jean-François Copé à la présidence de l’UMP

 

Sept personnes ont été mises en examen dans l'affaire Bygmalion: Quatre anciens dirigeants de Bygmalion ou d'Event and Cie et trois anciens cadres de l'UMP, dont son ex-directeur général, Eric Cesari, un proche de Nicolas Sarkozy.

L'enquête a été ouverte notamment pour abus de confiance. Elle a été étendue depuis au délit de financement illégal de campagne, une infraction qui pourrait viser Nicolas Sarkozy.

Jeudi, trois perquisitions ont visé des bureaux de l'ancien président de l'UMP Jean-François Copé. Son ancien bras droit, Jérôme Lavrilleux, est le seul à l’UMP qui a reconnu une fraude. Il a affirmé que celle-ci a été décidée et mise en place après l'élection présidentielle perdue par Nicolas Sarkozy, alors que plusieurs cadres de Bygmalion situent la prise de décision au début du mois d'avril 2012, bien avant le premier tour de la campagne.