Bygmalion: L’ex-trésorier de Sarkozy perd son immunité parlementaire

ENQUETE La levée d'immunité signifie que les magistrats du pôle financier pourraient par exemple le placer en garde à vue...

20 Minutes avec AFP

— 

Philippe Briand à l'Assemblée nationale de 27 mai 2014.
Philippe Briand à l'Assemblée nationale de 27 mai 2014. — WITT/SIPA

Il l'avait lui-même demandé. L'immunité parlementaire du député UMP Philippe Briand, l'ancien trésorier de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy mis en cause dans l'affaire Bygmalion, a été levée mercredi par le bureau de l'Assemblée nationale, selon un communiqué de la présidence de l'Assemblée.

>> A voir Notre diaporama sur les hommes de l'fafaire Bygmalion

Le député UMP d'Indre-et-Loire, l'un des questeurs de l'Assemblée (en charge des finances du Palais Bourbon), avait lui-même demandé cette levée d'immunité, après les requêtes sur son cas et sur celui de l'eurodéputé Jérôme Lavrilleux envoyées début décembre par les juges d'instruction.

La levée d'immunité signifie que les magistrats du pôle financier pourraient le placer en garde à vue ou prononcer des mesures coercitives dans le cadre d'un éventuel contrôle judiciaire.

Sept personnes déjà mises en examen

Les juges enquêtent sur un système de fausses factures, à hauteur de 18,5 millions d'euros, qui auraient permis d'imputer frauduleusement à l'UMP des dépenses de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et permettre que son budget n'explose pas le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros. Ces factures pour des conventions de l'UMP, dont certaines étaient fictives, étaient émises par Event and Cie, filiale de Bygmalion chargée des meetings de Nicolas Sarkozy.

Sept personnes ont déjà été mises en examen dans ce dossier, quatre anciens dirigeants de Bygmalion ou d'Event and Cie et trois anciens cadres de l'UMP, dont son ex-directeur général, Eric Cesari, un proche de Nicolas Sarkozy.

Jérôme Lavrilleux, le seul à l'UMP qui a reconnu la fraude, affirme qu'elle a été décidée et mise en place après l'élection présidentielle perdue par Nicolas Sarkozy, alors que plusieurs cadres de Bygmalion situent la prise de décision au début du mois d'avril 2012, bien avant le 1er tour. L'enquête a été ouverte notamment pour abus de confiance mais a été étendue depuis au délit de financement illégal de campagne, une infraction qui peut viser Nicolas Sarkozy.