VIDEO. Attentats à Paris: Combien va coûter le renforcement de la lutte anti-terroriste?

ECONOMIE Le Premier ministre Manuel Valls a dévoilé ce mercredi une salve de mesures deux semaines après le début des attentats qui ont ensanglanté la capitale…

M.B. avec AFP

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Une voiture de police criblée de balles lors de l'attaque de l'hebdomadaire Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 à Paris
Une voiture de police criblée de balles lors de l'attaque de l'hebdomadaire Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015 à Paris — Str AFP

2.680 emplois supplémentaires consacrés à la lutte contre le terrorisme au cours des trois prochaines années. C’est l’une des principales mesures annoncée ce mercredi par le chef du gouvernement Manuel Valls suite aux attentats de Paris.

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Au cours d'une conférence de presse, le chef du gouvernement a précisé que sur ce total, 1.400 emplois nouveaux seraient créés au ministère de l'Intérieur (dont 540 en 2015).

Dans le détail, 1.100 «seront directement affectés au sein des unités de renseignement chargées de lutter contre le terrorisme, dont 500 à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), 500 au sein des services centraux territoriaux du renseignement territorial (350 policiers et 150 gendarmes) et 100 à la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris», a précisé Manuel Valls. D’autres emplois nouveaux seront créés au ministère de la Justice (950), au ministère de la Défense (250) et au ministère des Finances (80). Soixante postes d'aumôniers musulmans en prison seront également créés.

D'importants achats d'armes et de matériel

Des créations de postes qui devraient coûter près de 300 millions d’euros sur trois ans. A cela, le plan de renforcement de la lutte contre le terrorisme, qui comprend d'importants achats d'armes et de matériel (gilets pare-balles et armements plus performants pour la police nationale, municipale et les gendarmes par exemple), prévoit au total 425 millions d'euros de crédits supplémentaires.

Entre les emplois supplémentaires et les crédits supplémentaires, la facture s’élève à quelque 735 millions d'euros sur trois ans. Mais ce n’est pas tout.  Loin de là. En effet, par exemple, 60 millions d'euros supplémentaires seront consacrés à «la prévention de la radicalisation dans les trois prochaines années, au travers du fonds interministériel de prévention de la délinquance». Alors que Paris est toujours dans le collimateur de Bruxelles pour ses déficits publics hors des clous européens, le gouvernement entend financer ces dépenses nouvelles «par des économies» équivalentes ailleurs dans le budget de l'Etat, a assuré Manuel Valls. Le gouvernement dispose en outre de la «réserve de précaution» de plus de 7 milliards gelés pour faire face aux événements imprévus.

Vigipirate attentat, une facture salée pour la Défense

Par ailleurs, selon les informations du Monde,  le plan le «Vigipirate alerte attentat» mis en place après la fusillade à Charlie Hebdo et à l’Hyper Cacher alourdit aussi la facture. La mobilisation exceptionnelle de 10.500 militaires coûterait ainsi un million d’euros par jour au budget de la Défense. Un surcoût qui comprend «l’indemnité de service accordée aux soldats dans cette opération intérieure et les frais de fonctionnement liés à leur déploiement», précise le quotidien. Résultat, «pour tenir, l’armée de terre devra procéder à des arbitrages, différer des entraînements, des formations, voire prélever des hommes sur d’autres missions.»