Attentats à Paris: Amédy Coulibaly contrôlé et relâché dix jours avant les attaques

TERRORISME L'auteur de la fusillade de Montrouge et de la prise d’otages de l’Hyper Cacher a été contrôlé par la police dans le XIXe arrondissement…

L.Be.

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Amedy Coulibaly dans une vidéo posthume diffusée sur les réseaux sociaux le 11 janvier 2015.
Amedy Coulibaly dans une vidéo posthume diffusée sur les réseaux sociaux le 11 janvier 2015. — 20Minutes

«Dix jours avant, par hasard, la police contrôlait et lâchait Coulibaly», titre Le Canard enchaîné à paraître ce mercredi. L’hebdomadaire satirique révèle en tout cas les conditions d’un contrôle de routine, dans le XIXe arrondissement, à deux pas des Buttes-Chaumont. A 11h45, deux policiers arrêtent une Seat Ibiza, à hauteur du 55 avenue Simon-Bolivar, près du terrain de jeu des frères Kouachi, les deux auteurs de l’attentat à Charlie Hebdo le 7 janvier.

Hayat Boumeddiene part en Syrie

Deux personnes sont assises dans la voiture, Amédy Coulibaly au volant et Hayat Boumeddiene, sa compagne, activement recherchée par la police depuis les attaques, sur le siège du passager. Elle a procédé à la location du véhicule, raconte le journal. Amédy Coulibaly présente l’attestation de réussite de son permis de conduire, n’ayant pas encore reçu sa feuille rose.

En consultant le fichier des personnes recherchées, les deux policiers découvrent la fiche active d’Amédy Coulibaly signée de l’antiterrorisme. Comme l’indique Le Canard enchaîné, la consigne PJ02 est mentionnée, demandant d’en savoir plus sur l’individu sans éveiller de soupçon. Les agents informent alors leur hiérarchie ainsi que les services de l’antiterrorisme qui ne réagissent pas. La trace de Coulibaly est donc perdue.

L'un des agents reconnaît les individus

Direction l’Espagne pour les deux individus. Puis leurs chemins se séparent, Hayat Boumeddiene part en Turquie depuis Madrid le 2 janvier, franchissant la frontière turco-syrienne, tandis qu’Amédy Coulibaly prend la direction de Paris.  

Quand son identité est révélée après la fusillade de Montrouge le 8 janvier et la prise d’otages dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, l’un des deux agents de police prévient la cellule de crise et l’état-major, raconte l’hebdomadaire satirique. Il rédige ensuite un rapport dans lequel il précise reconnaître les deux individus.