Pouvoir d'achat: Pourquoi et comment les routiers font grève

SOCIETE Au moins une cinquantaine d'actions sont prévues dans toute la France dès dimanche soir...

Maud Pierron

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Les routiers entameront dimanche soir une grève reconductible pour tenter de peser sur les négociations salariales avec le patronat
Les routiers entameront dimanche soir une grève reconductible pour tenter de peser sur les négociations salariales avec le patronat — Philippe Huguen AFP

En colère, les routiers entament ce dimanche soir dès 21h en Normandie, 22h en région parisienne, un mouvement de grève reconductible dans toute la France. Plusieurs points stratégiques pourraient être bloqués. 20 Minutes fait le point sur ce mouvement.

Qui appelle à la grève?

Quasiment tous les syndicats de transports routiers appellent à la grève, réunis dans l’intersyndicale: la CGT, FO, CFTC et CFE-CGC. En revanche, la CFDT Transports, premier syndicat chez les routiers, s’est désolidarisée de ce mouvement, après avoir tenté une action en solo en décembre, qui n'a pas eu le succès escompté.

Quelles sont leurs revendications?

Si les routiers se mobilisent à ce moment précis, c’est parce que les syndicats et le patronat se retrouvent mardi autour de la même table dans le cadre des négociations annuelles obligatoires (NAO).  «On réclame une augmentation de 100 euros du pouvoir d’achat par mois», explique à 20 Minutes Thierry Douine, président de la CFTC-Transports. Dans la ligne de mire des syndicats: les grilles de salaires des conducteurs, dont une seule des quatre est supérieure au Smic, à 9,79 euros par heure, contre 9,61 euros pour le salaire minimum. «Nous sommes des professionnels, avec une formation initiale, une formation continue tous les cinq ans sans être payés, pour la majorité, au moins au SMIC. On en demande beaucoup aux routiers, de faire des heures, des heures décalées, de mettre de côté leur vie de famille, et les patrons ne veulent pas les rémunérer à leur valeur», développe Thierry Douine. Les syndicats souhaitent que les patrons portent à 10 euros le taux horaire minimum pour les coefficients les plus bas à l'embauche.

Quels sont leurs arguments?

Les syndicats de routiers n’acceptent pas que les patrons ne fassent pas un geste en faveur des salariés alors que plusieurs éléments devraient les inciter à le faire. D’abord, la forte baisse du gasoil fait baisser leurs frais. Mais ce sont surtout les aides du gouvernement perçues dans le cadre du CICE qui ulcèrent les syndicats. Ces aides représentent 4% de baisse de la masse salariale. Au bout d’un moment, les salariés doivent en voir la couleur. C’est de l’argent public, on peut se demander à quoi il sert», s’agace Thierry Douine.

Quelle devrait être l’ampleur de la mobilisation?

Difficile à savoir car le principal syndicat, la CFDT, n’est pas dans ce mouvement. Et la dramatique actualité, dans les transports comme ailleurs, a éclipsé le mouvement. «Mais depuis la fin de semaine dernière, on a beaucoup de retours», assure Thierry Douine. Certaines régions seront plus mobilisées que d'autres, comme le Nord, la Normandie, l’Ile-de-France, l'Aquitaine, Rhône-Alpes, ainsi qu’autour de Nantes et autour de Marseille.

Quels types d’action?

Une cinquantaine d’actions sont prévues. Le mouvement débute dès ce dimanche soir 21h en Normandie, à 22h en région parisienne ou tôt lundi matin dans beaucoup de villes de province. Il s’agit de mener des opérations escargot, comme à Marseille et Nantes. En région parisienne, il s’agira de bloquer l’accès à des infrastructures comme la zone industrielle de Gennevilliers où se trouve le dépôt pétrolier de Paris, mais aussi dans la zone industrielle de Roissy, par exemple. Dans le Nord, des autoroutes devraient être bloquées. Mais attention, il ne s’agit pas de bloquer les Français mais les seuls poids lourds. L’idée est de gêner les patrons, pas de paralyser la circulation. Même si des ralentissements sont à prévoir.

>> La situation à Nantes par ici

>> La situation dans le Nord par ici

>> La situation à Marseille par ici