Qui est «Charlie»? Un Français de plus de 50 ans, plutôt aisé et de gauche, répond un sondage

SONDAGE Gros plan sur le profil type du participant à la marche républicaine de dimanche...

Audrey Chauvet
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La marche à Rennes le 11 janvier 2015 en hommage aux 17 victimes des attentats en France
La marche à Rennes le 11 janvier 2015 en hommage aux 17 victimes des attentats en France — Jean-François Monier AFP

Je suis Charlie, tu es Charlie, il est Charlie: dimanche, il y avait quatre millions de «Charlie» dans les rues de France. Mais à quoi ressemblait le cortège? A un «soixante-huitard aisé», nous répond un sondage Harris Interactive pour La Chaîne Parlementaire (LCP) publié ce vendredi.

Quinquas cadres sup’ de gauche

D’après ce sondage, les personnes âgées de 50 ans et plus étaient sur-représentées dans la marche de dimanche: 29% des 50-64 ans interrogés ont battu le pavé. Il y avait aussi plus de cadres que d’ouvriers dans les rangs des manifestants (27% contre 20%) et des personnes plutôt diplômées (32% des personnes appartenant aux catégories les plus diplômées de la population étaient dans la rue).  Ces quinquas cadres sup’ étaient aussi nettement marqués politiquement à gauche: 42% des sympathisants socialistes ont déclaré avoir participé à la marche, contre 16% chez ceux de l’UMP.

Pourquoi sont-ils descendus dans la rue? A 81% pour «défendre les valeurs fondamentales de la République et notamment le respect de la liberté d’expression», révèle le sondage, puis pour «montrer au monde entier l’unité des Français face au terrorisme». Les réponses spontanées des personnes ayant manifesté révèlent la prédominance des idées de «liberté», «fraternité», «solidarité», «unité» et «rassemblement». Mais le terme «république» n’a pas été très souvent cité et encore moins celui de «laïcité».

Les non-manifestants refusent la «récupération politique»

Pour lutter contre le terrorisme, ces manifestants ont été 79% à appuyer l’idée «d’améliorer la coopération avec les services de renseignements étrangers», 75% celle «d’assurer une meilleure éducation civique dans les écoles» et 72% celle de «repenser le système de prise en charge des personnes en prison». Trois manifestants sur quatre ont dit faire confiance à François Hollande et au gouvernement «pour faire des propositions efficaces pour lutter contre le terrorisme».  

Quant aux non-manifestants, ils sont à l’opposé total des marcheurs: majoritairement de droite (36% de proches du Front national, 43% des électeurs de Marine Le Pen en 2012, 28% des sympathisants UMP), ils ont refusé «la récupération politique». Ils accueillent en revanche favorablement les propositions de Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen pour lutter conte le terrorisme. L’unité nationale risque de faire long feu.

Enquête réalisée en ligne du 12 au 13 janvier 2015. Echantillon de 1203 personnes représentatif de la population française âgée d'au moins 18 ans, à partir de l'access panel Harris Interactive. Méthode des quotas et redressement appliquée aux variables suivantes: sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle et région d'habitation de l'interviewé(e).