Affaire Bygmalion: La justice demande la levée de l’immunité parlementaire de Jérôme Lavrilleux

JUSTICE Ainsi que celle de Philippe Briand, l’ancien trésorier de la campagne présidentielle…

Maud Pierron

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Photo d'illustration: Un homme passe devant un logo de l'UMP à Paris.
Photo d'illustration: Un homme passe devant un logo de l'UMP à Paris. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

La justice a demandé la levée des immunités parlementaires de Jérôme Lavrilleux, ancien responsable de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et Philippe Briand, dans le cadre de laffaire Bygmalion, a appris l'AFP mercredi de sources concordantes. Si leurs immunités étaient levées, les magistrats du pôle financier pourraient placer l'eurodéputé Lavrilleux et le député Philippe Briand en garde à vue ou prononcer des mesures coercitives dans le cadre d'un éventuel contrôle judiciaire.

Les juges enquêtent sur un système de fausses factures, à hauteur de 18,5 millions d'euros, pour imputer frauduleusement à l'UMP des dépenses de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy et permettre que son budget n'explose pas le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros. Jérôme Lavrilleux, le seul à l'UMP qui a reconnu la fraude, affirme qu'elle a été décidée et mise en place après l'élection présidentielle perdue par Nicolas Sarkozy, alors que plusieurs cadres de Bygmalion situent la prise de décision au début du mois d'avril 2012, bien avant le 1er tour.

Lavrilleux entendu deux fois

Directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy et ancien bras droit de Jean-François Copé à l'UMP, Jérôme Lavrilleux avait déjà été entendu en garde à vue pendant douze heures en juin, alors que son mandat de député européen n'avait pas démarré. Depuis, il a de nouveau été entendu par les policiers sous le statut de «personne soupçonnée», un statut intermédiaire entre celui de témoin simple et celui de gardé à vue créé par une loi du 27 mai 2014.

Selon une source européenne, la demande de levée d'immunité le concernant devrait être annoncée au Parlement jeudi en séance à Strasbourg, puis transmise à la Commission des affaires juridiques du Parlement. Quant à Philippe Briand, la demande sera examinée par le prochain bureau de l'Assemblée le 21 janvier, a indiqué à l'AFP la présidence de l'Assemblée.

Les juges d'instruction avaient envoyé début décembre les requêtes au parquet de Paris, qui a émis des avis favorables à ces levées d'immunité et les a ensuite adressées à la Chancellerie via le parquet général de Paris.

Sept personnes déjà mises en examen

Selon la présidence de l'Assemblée et le groupe UMP, Philippe Briand, au coeur des questions budgétaires de la campagne, a lui-même demandé cette levée d'immunité.

Sept personnes ont déjà été mises en examen dans ce dossier, quatre anciens dirigeants de Bygmalion ou d'Event and Cie et trois anciens cadres de l'UMP, dont son ex-directeur général, Eric Cesari, un proche de Nicolas Sarkozy.

L'enquête a été ouverte notamment pour abus de confiance mais a été étendue depuis au délit de financement illégal de campagne, une infraction qui peut viser Nicolas Sarkozy.