Attaques terroristes à Paris: 54 procédures pour «apologie du terrorisme» ouvertes en une semaine, Taubira prône la «fermeté»

JUSTICE Dieudonné a été placé en garde à vue ce mercredi matin pour les mêmes faits...

M.P. avec AFP

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La façade du ministère de la Justice à Paris
La façade du ministère de la Justice à Paris — Loic Venance AFP

La Chancellerie a annoncé ce mercredi que 54 procédures ont été ouvertes pour «apologie du terrorisme» depuis la tuerie de Charlie Hebdo, mercredi dernier. Un homme a été condamné lundi à quatre ans de prison à Valenciennes (Nord) pour avoir félicité les frères Kouachi pour leurs actions, devant des policiers. Mardi, c'est un homme qui avait diffusé sur Facebook une vidéo qui se moquait d'Ahmed Merabet, le policier à vélo tué par les frères Kouachi, qui a été condamné à un an de prison à Nanterre.  Et ce mercredi matin, c'est Dieudonné qui a été placé en garde à vue pour «apologie du terrorisme» après qu'il a écrit dimanche sur les réseaux sociaux «je me sens Charlie Coulibaly». 

Par ailleurs, sur la même période, quinze procédures ont été ouvertes pour des tags et dix pour des dégradations «par arme, incendie ou explosition» sur des mosquées et des lieux de cultes musulmans. Onze procédures ont été enfin ouvertes pour des tracts et des propos anti-musulmans, dix-neuf pour des infractions commises contre les forces de l'ordre et quatorze pour des cyber-attaques, a-t-on précisé de même source.

La ministre de la Justice Christiane Taubira a demandé aux parquets de faire preuve de «réactivité» et de «fermeté» envers les auteurs d'«apologie du terrorisme» ou de «propos et agissements racistes ou antisémites», a annoncé mercredi la Chancellerie.

«Attention particulière» sur les attaques aux lieux de culte

«Dans ces moments où la Nation doit montrer son unité, les propos ou agissements répréhensibles, haineux ou méprisants, proférés ou commis en raison de l'appartenance à une religion doivent être combattus et poursuivis avec la plus grande vigueur», affirme notamment la garde des Sceaux dans une circulaire sur «les infractions commises à la suite des attentats» de la semaine dernière, adressée lundi aux procureurs et procureurs généraux.

«Quelle que soit cette religion, ils portent atteinte à la cohésion nationale et justifient donc une attention particulière et une grande fermeté de la part des parquets et des parquets généraux», insiste-t-elle. La ministre souligne la multiplication «des attaques ou dégradations contre les lieux de culte, des atteintes aux biens ou aux personnes à raison de leur religion, des violences ou menaces à l'encontre des forces de sécurité, des propos racistes, antisémites, discriminatoires ou faisant l'apologie du terrorisme», depuis l'attentat contre Charlie Hebdo.

«Il importe» donc «que les parquets (...) fassent preuve d'une grande réactivité dans la conduite de l'action publique envers les auteurs de ce type d'infractions», poursuit Christiane Taubira en réclamant «une attention particulière» aux infractions commises par des «personnes incarcérées».