Familles nombreuses: «Ma mère au foyer rivalisait d'ingéniosité pour cuisiner les restes»

VOUS TEMOIGNEZ Les internautes de 20 Minutes racontent le quotidien d’une famille nombreuse…

Oihana Gabriel et Christine Laemmel

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Illustration d'enfants dans une crèche à Paris.
Illustration d'enfants dans une crèche à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Si la série américaine Sept à la maison peut faire fantasmer sur la vie des familles nombreuses, l’étude de l'Insee parue mardi dévoile qu’en 2011, 35% des couples avec quatre enfants ou plus vivaient sous le seuil de pauvreté. Et qu’une famille française sur cinq compte trois enfants et plus. Vivre à six, huit, onze sous le même toit, enfer ou paradis? Les internautes de 20 Minutes nous ont livré par mail leurs souvenirs d’une enfance animée… et souvent heureuse.  

Cécile, 51 ans: «Ma mère au foyer rivalisait d'ingéniosité pour cuisiner les restes»

«Je suis issue d'une famille de cinq enfants (quatre filles, un garçon). Je ne me souviens que des jeux, fous rires et bons moments même si mon père ouvrier à l'usine et travaillant seul avait bien du mal à nourrir sa tribu. Ma mère au foyer rivalisait d'ingéniosité pour cuisiner les restes... Pas de consoles video, pas de superflu pour Noël, mais des tas de copains. De l'insouciance et de l'espoir dans la vie qui m'ont permis d'avoir quatre garçons. Moi aussi je sais trouver des bons plans pour ma tribu.»

>> «Aujourd’hui, c’est parmi les plus défavorisés que se trouvent le plus de familles nombreuses»: Retrouvez l'interview du sociologue Eric Donfu

Jennifer, 29 ans: «Je n'en garde que de bons souvenirs»

«A la maison, nous étions six enfants: deux d'un premier mariage de mon père dont il avait la garde, et quatre enfants (dont moi) issus de l'union de mes parents. Il y avait toujours beaucoup d'ambiance à la maison! Surtout pendant les repas autour de grandes tables midi et soir. Tout le monde racontait sa journée, donnait son avis, même lorsqu'il n'était pas demandé. Aujourd'hui, nous avons tous quitté la maison familiale pour vivre nos vies. Mais heureusement, nous nous téléphonons plusieurs fois par semaine, et nous nous retrouvons tous les dimanches chez nos parents pour un repas en famille comme au bon vieux temps, et même encore mieux qu'avant, car la table s’est allongée à mesure que la famille s'agrandissait entre nos conjoints et nos enfants. J'ai aujourd'hui deux enfants, et mon mari et moi aimerions encore agrandir la famille. Je n'en garde que de bons souvenirs. Pour rien au monde je n'aurais échangé ma famille nombreuse contre une famille d'un ou deux enfants.»

Elodie, 30 ans: «Les regards insistants des gens qui vérifiaient que la prime de rentrée scolaire avait bien servi à nous racheter des affaires et pas un téléviseur»

«Je suis l'aînée de huit enfants, quatre filles et quatre garçons dont un est handicapé moteur. Ma mère n'a jamais travaillé pour nous élever et mon père est cariste/préparateur de commandes. Certes les fins de mois n'étaient pas toujours évidentes, surtout lorsque mon père a traversé une longue période de chômage, mais nous n'avons jamais manqué de rien. Ils nous ont payé les études que nous souhaitions faire, nous avions toujours à manger dans notre assiette, des affaires neuves à la rentrée et le jouet dont nous rêvions à Noël. Alors évidemment, les allocations familiales les ont beaucoup aidés, l'APL également et les bourses scolaires. On a souvent entendu des réflexions même des membres de notre famille sur le fait que faire beaucoup d'enfants est irresponsable dans la société actuelle ou qu'ils nous avaient eus pour les allocs. J'admire mes parents pour ce qu'ils ont fait pour nous, mais aussi d'avoir gardé la tête haute malgré les remarques désobligeantes, malgré les regards insistants des gens à la sortie de l'école à la rentrée qui vérifiaient que la prime de rentrée scolaire avait bien servi à nous racheter des affaires et vêtements neufs et pas un téléviseur ou un ordinateur dernière génération.»

Benjamin F., 22 ans: «Je n'ai pas manqué de grand-chose à part de n'être jamais parti en vacances»

«Je suis le benjamin d'une famille de onze personnes, cinq frères et trois sœurs. Et ce n'est pas une famille recomposée. Tellement de joie dans cette famille, tellement de souvenirs qui ne s'oublient jamais! Dans mon enfance, je n'ai pas manqué de grand-chose à part de n'être jamais parti en vacances ou certains besoins pour mes études que je n’ai pu avoir. Je ne peux pas en vouloir à mes parents, ils étaient débordés. Je suis ouvrier comme la plupart de mes frères et sœurs, à part mon frère aîné qui est devenu professeur des langues au Pérou. Mes parents ne pouvaient pas nous habiller avec des affaires de marques mais ils nous ont donné tout l'amour que tout le monde rêve d'avoir. Maintenant dès que je peux, je voyage à travers le monde, on y apprend beaucoup...»