Attaques terroristes à Paris: A l'Assemblée, Manuel Valls promet «une réponse exceptionnelle»

POLITIQUE Les députés ont entonné une «Marseillaise» dans l’hémicycle quelques minutes plus tôt…

Vincent Vantighem

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Paris, le 13 janvier 2015. Manuel Valls prononce son discours à l'Assemblée national.
Paris, le 13 janvier 2015. Manuel Valls prononce son discours à l'Assemblée national. — FRANCOIS GUILLOT / AFP

«Je ne veux plus que les juifs aient peur d’être juifs! Je ne veux plus que les musulmans aient honte d’être musulmans!» Manuel Valls avait promis une «réponse exceptionnelle». Son entourage avait parlé d’un «discours très fort». Ils ne se sont pas trompés. Durant 45 minutes, le Premier ministre a présenté, ce mardi à l’Assemblée nationale, la réaction du gouvernement aux attaques terroristes qui ont secoué la France ces derniers jours.

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Passage obligé devant des députés qui avaient entonné une «Marseillaise» dans l’hémicycle quelques minutes plus tôt, Manuel Valls a commencé par rendre hommage. Aux dessinateurs de Charlie Hebdo, aux policiers tués, aux forces de l’ordre qui ont agi avec «abnégation», à Bernard Cazeneuve qui a géré la crise à l’Intérieur et aux Français qui ont défilé, dimanche, apportant la «meilleure des réponses». Car oui, «la France a été touchée en son cœur», a de nouveau martelé le Premier ministre.


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Cazeneuve a huit jours pour faire des propositions

«La France n’est pas en guerre contre une religion. Elle est en guerre contre le terrorisme, le djihadisme et l’islamisme radical. Pas contre les musulmans…» Après avoir reconnu des «failles» qui ont permis au trio Kouachi-Coulibaly de commettre les attentats, Manuel Valls a donc détaillé plusieurs pistes de réflexion.

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A commencer par l’arrivée de moyens supplémentaires, notamment dans les services de renseignement. «La création de 432 emplois a déjà été programmée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). 130 sont déjà pourvus», a-t-il annoncé. Se faisant, il a donné huit jours à Bernard Cazeneuve pour formuler des propositions de loi dans le cadre du projet de loi sur le renseignement dont l’examen a été repoussé à cette année. 

Des quartiers spécifiques dans les prisons

Mais c’est surtout sur le repérage des individus dangereux que le Premier ministre était attendu. Au Perchoir de l’Assemblée, Manuel Valls a donc exhorté l’Europe à accepter la mise en place du PNR (Passenger Name Record), système de surveillance des passagers empruntant les aéroports.

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Idem pour les prisons françaises accusées d’être un véritable nid pour les terroristes. Comme Le Monde l’a révélé, ce mardi, Amédy Coulibaly considérait la détention comme la «putain de meilleure école de la criminalité». Sur l’expérience de la prison de Fresnes (Val-de-Marne), le Premier ministre a annoncé la mise en place de «quartiers spécifiques dans les établissements pénitentiaires» où seront détenus les djihadistes dans les prochains mois.

Même souci de la détection chez les plus jeunes puisque Manuel Valls a aussi annoncé la mise en place d’une cellule de renseignements au sein de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), chargée de suivre les plus jeunes délinquants. Une mesure qui risque de faire grincer des dents du côté des syndicats du monde pénitentiaire.

Dieudonné visé sans être cité

Marquant une nette différence entre «l’irrévérence et la liberté d’expression de Charlie Hebdo» et le «racisme et l’antisémitisme» de Dieudonné dont il s’est bien gardé de prononcer le nom, le Premier ministre a conclu en expliquant que le premier combat résidait dans la lutte contre l’antisémitisme. «Sans les juifs de France, la France ne serait plus la France», a-t-il martelé.

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Répétant trois fois le mot «laïcité», il a indiqué que Najat Vallaud-Belkacem allait rendre publique des mesures spécifiques concernant l’Education, mercredi. «Comme peut-on accepter qu'on ne peut pas enseigner la Shoah dans certains établissements! Nous ne nous sommes pas assez indignés…» En annonçant des mesures «exceptionnelles» et non pas «d'exception», c'est désormais chose faite.

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