Familles nombreuses: Des foyers davantage exposés à la pauvreté et au surpeuplement

SOCIETE Une étude de l’Insee dévoile le portrait robot des familles de trois enfants et plus…

Oihana Gabriel

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Illustration d'une famille avec trois enfants.
Illustration d'une famille avec trois enfants. — CAPMAN/SIPA

Pas évident de dégoter une voiture pour sept. Ou de se loger à Paris quand on décide d’avoir quatre enfants. Pourtant, une famille française sur cinq compte trois enfants ou plus. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) dévoile ce mardi midi une étude sur les structures et spécificités des familles nombreuses françaises avec des données datant de 2011. Les cinq points à retenir.

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1. Plus pauvres

35% des couples avec quatre enfants ou plus vivent sous le seuil de pauvreté. SI le revenu du ménage augmente avec le nombre d’enfants, le niveau de vie, lui décroît. Avec des difficultés supplémentaires pour les familles monoparentales, qui représentent une famille nombreuse sur six. Plus de la moitié de ces familles monoparentales qui comptent trois enfants et plus sont touchées par la pauvreté.

2. Davantage touchées par le surpeuplement

Ces familles sont également plus touchées par le surpeuplement : 16% précisément contre 8% des familles avec deux enfants. Et celles qui ont quatre enfants sont les plus concernées : 37% d’entre elle vivent dans des logements surpeuplés. Dans le détail, 40% des familles nombreuses locataires de HLM manquent de pièces, 30% dans le parc privé et seulement 9% des propriétaires.

3.Souvent recomposées

Adieu l’image de la famille traditionnelle catholique avec cinq enfants logeant à Versailles (Yvelines). Les structures des familles nombreuses évoluent avec l’explosion des divorces et des familles recomposées. En 2011, 37% des familles recomposées accueillent trois enfants et plus contre 21% des familles traditionnelles et 16% des familles monoparentales. Une situation qui s'explique par des parents qui se mettent en couple, réunissant des enfants de différentes unions, et ces nouveaux couples ont souvent le désir d'un nouvel enfant.

4. Des mères qui travaillent moins

Si l’activité des hommes évolue peu en fonction du nombre d’enfants, l’emploi des femmes est une variable d’ajustement. Les mères d’un seul enfant travaillent à 92% selon les chiffres de l’Insee, mais le taux tombe à 59% pour celles qui nourrissent quatre enfants et plus. Par ailleurs, ces mères de familles nombreuses sont en général moins diplômées: 25% des mères de quatre enfants n’ont aucun diplôme alors que seulement 7% de ces mères ont un niveau scolaire supérieur au baccalauréat

5. Les descendants d’immigrés ont moins d’enfants.

Si les immigrés comptent souvent davantage d’enfants que les non immigrés, leurs enfants en revanche présentent une moindre fécondité. Si 36% des immigrés comptent trois enfants et plus, le taux tombe à 22% pour leurs descendants, se rapprochant donc de la proportion de familles nombreuses chez les non immigrés.