Prise d'otages de Vincennes: Une conversation de Coulibaly avec ses otages interceptée

TERRORISME La station de radio RTL a pu capter une conversation entre le preneur d'otages et ses victimes...

J.S

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Portrait d'Amedy Coulibaly fournie le 9 janvier 2015 par la police
Portrait d'Amedy Coulibaly fournie le 9 janvier 2015 par la police — - Police française

Un téléphone mal raccroché. C'est ce qui a permis à la rédaction de RTL de capter des bribes d'une conversation entre Amedy Coulibaly et ses otages. La rédaction de la station a choisi de diffuser des extraits de ce dialogue

Une vengeance contre l'Occident
Sur un ton direct, l'homme, armé de deux kalachnikovs entend justifier son action : «Ils essaient de vous faire croire que les musulmans sont des terroristes. Moi, je suis né en France. S'ils n'avaient pas été attaqués ailleurs, je ne serais pas là». «Ils essaient de vous faire croire que les musulmans sont des terroristes.»


Le preneur d'otages utilise une dialectique bien connue des adeptes de Daesh «Il faut qu'ils arrêtent d'attaquer l'État islamique, qu'ils arrêtent de dévoiler nos femmes, qu'ils arrêtent de mettre nos frères en prison pour rien du tout» explique-t-il.

Un dialogue avec un otage

Arme à la main, l'homme avance des arguments décousus: «C'est vous qui avez élu vos gouvernements et vos gouvernements ne vous ont jamais caché que vous
alliez faire la guerre au Mali ou ailleurs. Premièrement. Deuxièmement, c'est vous qui les financez. Vous payez les taxes et des trucs». «On est obligé», tente de répondre une des personnes retenues. Réponse immédiate d'Amedy Couibaly: «Hein ? On n'est pas obligé, je ne paie pas mes impôts, moi».

Le dialogue se poursuit. «Quand je paie mes impôts, c'est pour les routes, les écoles. On paie nos impôts mais on fait de mal à personne», dit l'otage. Réplique de Coulibaly : «Si jamais tous les individus arrivent à s'unir, comme là pour Charlie Hebdo (...) faites des manifestations et dites : 'Laissez les musulmans tranquille et vous nous laissez tranquille'. Pourquoi vous ne le faites pas ?»

Coulibaly se réclame d'Oussama Ben Laden

La conversation semble presque banale mais la menace est vite de retour : «Chez nous, c'est la loi du Talion. Vous la connaissez très bien. Allah a dit: 'Ils transgressent, transgressez à transgression égale'. Si on touche nos enfants, nos femmes, nos combattants, on s'attaque aux hommes qui nous combattent».

Il poursuit «Votre armée, s'ils ne veulent pas mettre les pieds là-bas c'est parce que dès qu'ils toucheront le sol, ils se feront découper en deux minutes. Allah est avec nous».
Un discours souvent nébuleux, jusqu'à citer le guide dont il se réclame : Oussama Ben Laden. «Comme il a dit (…)  : 'Vous n'allez jamais goûter à la paix. C'est nous qui ferons la paix en Palestine».

Une litanie identique à celle de tous les jihadistes, qui aura duré jusqu'à l'assaut des forces de l'ordre au cours duquel il perdra la vie.