Les confessions des frères Kouachi et d'Amedy Coulibaly

SOCIETE La chaîne d'info en continu BFM TV est entrée en contact avec les trois terroristes dans la journée de vendredi, celle du dénouement...

M.P.

— 

Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, suspectés des attaques contre «Charlie Hebdo», à Montrouge, Dammartin-en-Goële et Porte de Vincennes en janvier 2015.
Les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, suspectés des attaques contre «Charlie Hebdo», à Montrouge, Dammartin-en-Goële et Porte de Vincennes en janvier 2015. — PHOTOMONTAGE 20 MINUTES

Les frères Kouachi, auteurs de la tuerie de Charlie Hebdo, et Amedy Coulibaly, le preneur d'otages de la porte de Vincennes, se sont exprimés ce vendredi, journée du dénouement fatal, auprès de BFM TV, qui a diffusé leur propos après les assauts. Lors de son appel passé vers 15h à la chaîne d’info, deux heures après le début de la prise d’otages dans l’épicerie casher, Amedy Coulibaly a affirmé s'être «synchronisé» avec les frères Kouachi.

«On s’est synchronisés pour nos opérations», a-t-il affirmé, juste «pour le départ». «Eux Charlie Hebdo et moi les policiers», a-t-il précisé. L’homme a dit très vite après le début de la prise d’otages qu’il y avait quatre morts et seize personnes dans le magasin. Amedy Coulibaly dit avoir agi pour défendre les musulmans «opprimés», notamment en Palestine. Mais tandis que les frères Kouachi se sont revendiqués d’Al-Qaida au Yémen, Coulibaly s’est lui revendiqué de l’organisation de l’Etat islamique.

«On est les défenseurs du prophète»

Chérif Kouachi a réaffirmé ce vendredi matin à BFM TV avoir été missionné par «Al-Qaida au Yémen». Il dit avoir été formé et financé par l’imam Anwar Al Awlaqi, un imam américan tué en septembre 2011 par un drone. Joint par BFM TV, qui a appelé l'imprimerie dans laquelle ils s'étaient retranchés, Chérif Kouachi a ajouté: «On est les défenseurs du prophète.»

Il est avéré que Chérif et Saïd Kouachi et Amedy Coulibaly se connaissaient depuis plusieurs années. Amedy Coulibaly, délinquant multirécidiviste de 32 ans déjà condamné dans une affaire d'extrémisme islamiste, avait rencontré Chérif Kouachi en détention, où il s'est radicalisé. Les deux hommes avaient été impliqués en 2010 dans l'enquête sur une tentative d'évasion de Smaïn Aït Ali Belkacem, ancien du Groupe islamique armé algérien (GIA), condamné pour l'attentat à la station RER Musée d'Orsay en octobre 1995 à Paris. Kouachi avait bénéficié d'un non-lieu. Coulibaly avait été condamné à cinq ans de prison en décembre 2013, peine qu'il a achevée de purger en mai dernier compte tenu des remises de peine.

Leurs épouses se connaissaient bien aussi. Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, «l’épouse de Chérif Kouachi avait passé plus de 500 appels (téléphoniques) sur l’année 2014 avec la compagne de Coulibaly, Hayat Boumeddiene, ce qui est de nature à établir des liens constants et soutenus entre les deux couples».